LE PROJET ESTIME
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LE PROJET ESTIME




  



Méthodologie


Du côté français, les tests proposés étaient celui de Rosenberg, qui est maintenant classique voire même daté, celui de ETES, une échelle Toulousaine intéressante, et celui de Coopersmith qui a finalement été retenu.
Il mesure l’estime de soi à la fois sur les plans général, familial, scolaire ou professionnel, et les mensonges. De plus il laisse un aspect relatif, moins catégorique et des réponses qui correspondent à notre esprit volontairement nuancé.
 
Du côté anglais, Burnett Self Scale (BSS), Myself As A Learner Scale (MALS) et le Norwicki-Strickland Evaluation sont trois échelles de mesure de l’estime de soi. Leur aspect est très comportementaliste et un peu trop cadré pour notre esprit français. Une « combinaison » de ces trois échelles a été retenue.



Résultats


 Déroulement de l'enquête


Le nombre des interviewés s’élève maintenant à 118 élèves répartis équitablement entre les filles et les garçons, entre les collèges urbains et les collèges ruraux, ceux regroupant des adolescents appartenant à des milieux socialement favorisés et ceux appartenant à des milieux défavorisés, entre les classes des collèges regroupant des élèves correctement adaptés et celles regroupant des élèves en difficulté scolaire.
 
Aux collège d’Etouvie et d’Arthur Rimbaud situés dans des quartiers de culture mosaïque, viennent s’ajouter le colège de Nouvion (en milieu rural), le collège de Millevoye d’Abbeville (en milieu urbain), la Providence (en milieu urbain favorisé), l’IME de la Somme, le CATTP, la Maison d’Arrêt d’Amiens, le Centre départemental de l’Enfance et de la Famille.
 
Les images et les représentations de soi ne restent pas sans lien avec ce que les sociologues appellent le dedans et le dehors ou le centre et la périphérie.
 
3es interviewés du lycée Robert de Luzarches d’Amiens serviront de témoins comme population « ordinaire moyenne » (une centaine de jeunes).


EtablissementNb.citFréq.
Non-réponse97.6%
Collège de Nouvion1512.6%
La Providence2521.0%
Collège d'Etouvie1310.9%
Collège Arthur Rimbaud2521.0%
IME de La Somme97.6%
IME.243.4%
CATTP Ado54.2%
Maison d'Arrêt Amiens65.0%
CDEF43.4%
Millevoye43.4%
TOTAL OBS.119100%


 Méthode de recueil des données


Le questionnaire

L’inventaire de Coopersmith est le questionnaire utilisé dans notre enquête. Il est très utile dans le sens où on peut l’appliquer à toutes les tranches d’âge, à toutes les catégories sociales dans ses formes scolaires et adultes. Il est modifiable selon les lieux et les circonstances de passation, facile à remplir et ne prend pas beaucoup de temps. Ce questionnaire traite aussi tous les aspects de la vie des sujets : les mondes intérieur (psychologique) et extérieur (relationnel). A l’aide de l’inventaire de Coopersmith on peut repérer l’ambiguité ou la confusion possible dans toutes les réponses. Dans sa logique interne, il permet d’avoir une idée précise et différence en composantes de l’estime de soi. Il existe en version anglaise comme française.


 Thématiques retenues dans le questionnaire


L’étude de l’estime de soi ne concerne que l’approche psychologique. Il a trait, en effet, à tous les aspects essentiels de l’être humain : corporel, mental, psychique, relationnel et de ce fait permet des approches différenciées par les professionnels utilisateurs.
 
Pour cette raison, nous avons divisé notre analyse et traitement de données en 2 thèmes relatifs au fait relationnel : individuel d’une part, social d’autre part.



La sphère négative de l’estime de soi :


Il s’agit de tester la perception de soi chez chacun des jeunes afin de comprendre les différents types de souffrances liées à la mauvaise estime de soi : la dépréciation personnelle source d’angoisse et parfois de dépression, l’incapacité de communiquer avec l’autre, le vécu de persécution éventuellement.
 
Ces souffrances trouvent selon notre analyse leur origine dans le manque de stabilité de l’environnement immédiat en particulier familial. 

La sphère positive de l'estime de soi :

Il s’agit de dégager les élèments forts dans la « personnalité » de l’adolescent, de percevoir ses capacités à travers ses différentes activités qu’elles soient scolaires, culturelles, sportives… et son sens des responsabilités dans la vie du groupe. Nombreux sont les jeunes, qui même dans une situation de crise normale à cet âge, manifestent une aptitude à  se reconstruire grâce à une bonne estime de soi, à une bonne opinion d’eux-mêmes. En classe, ils cherchent à réussir par tous les moyens et à résoudre leurs problèmes ou difficultés au coup par coup, en ne comptant que sur eux-mêmes, mais en référence à des modèles.


Le fait relationnel social


La sphère négative de l’estime de soi :


Il s’agit de reconnaître chez les jeunes en éventuel malaise dans leur rapport à l’autre et leurs difficultés relationnelles provoquées par un sentiment de perte identitaire et un manque de repères. Le questionnement nous aide à décoder les causes qui ont conduit ces jeunes à ressentir un manque ou une frustration de confiance dans leur environnement familial ou scolaire et dans la société en général. Ils rejettent la responsabilité de « leurs malheurs » sur l’incompréhension ou l’injustice sociale dont ils estiment systématiquement être les victimes.
 
Le questionnaire permet de réfléchir sur les différences dans les appréciations de soi en fonction de l’âge et du sexe, du sentiment d’appartenance à un groupe ou à un espace, des origines culturelles et ethniques. (voir chiffres selon le sexe, les origines ethniques…)

La sphère positive de l'estime de soi :

Dans cette sphère, nous cherchons à définir l’adolescent dans son rapport positif avec l’environnement qui lui permet d’acquérir une bonne estime de lui-même. Le jeune qui montre un attachement fort au milieu familial a le plus souvent une bonne opinion de lui même, ce qui lui permet de ne pas se sentir agressé par le regard des autres et d’établir une relation humaine sur la base de l’échange et de la coopération.
 
Il se construit par identification à une image valorisante à ses yeux valorisante d’un proche ou d’un enseignant qui lui sert de référence. Grâce à cet exemple il peut gérer plus aisément les difficultés de son existence quotidienne ; sa socialisation en est facilitée.
 
L’enquête se termine sur un choix entre les questions en fonction de leur intérêt suscité, ainsi que sur un recueil de données destinées à effectuer d’éventuelles approches différentielles selon les âges, les sexes, les situations scolaires, les origines socio-culturelles. 


 Résumé de l'enquête


Niveau d'investissement de soi :


Amour de soi 
:
ex : « je suis quelqu’un de bien » (physique et moral)
 
Amour propre : être quelqu’un à qui on s’intéresse
  
La majorité des interviewés prétend qu’ils « se débrouillent tous seuls », « qu’ils disent les choses sans hésitation », « qu’ils sont sûrs d’eux-mêmes ». Ils essaient par tous les moyens d’exprimer le sentiment d’être une personne à part entière et la volonté d’être un centre d’intérêt. Même s’ils disent « être capables de prendre  une décision et de s’y tenir » et donc d’assumer un statut d’adulte, leurs déclarations restent souvent sans effet. C’est pour susciter l’intérêt des autres et donc avoir l’impression d’exister qu’ils déploient tant d’énergie à parler d’eux-mêmes et à tenter de communiquer avec les autres. L’acceptation de soi (physique, morale, sociale, intellectuelle…) reste liée au degré de cohérence du monde intérieur dans lequel ils vivent ainsi qu’à celui du monde des jeunes en général. Les jeunes qui ont une mauvaise perception de soi refusent souvent leur corps. Ils pensent qu'ils ont un physique moins agréable que la plupart des gens, qu'ils sont moins aimés que les autres. Les jeunes qui ont un physique moins agréable que la plupart des gens, qu’ils sont moins aimés que les autres. Ils aimeraient retrouver le cocon sécurisant de l’enfance. Au contraire, ceux qui ont une bonne estime de soi, disent qu’ils s’amusent beaucoup en compagnie des autres et qu’ils sont très appréciés par les garçons et les filles de leur classe. Ils se sentent bien à l’intérieur de leur groupe d’âge.  
 
Par ailleurs, la confiance en soi chez ces jeunes reste liée au niveau d’investissement de soi dans le sens où le corps (fait individuel) et l’entourage (fait social) restent les forces motrices de la confiance en soi. Les jeunes qui se sentent mal dans leur peau ont souvent des difficultés relationnelles. Pourtant, la majorité d’entre eux manifestent une confiance en soi assez considérable. Plus de la moitié prétend « qu’on ne leur fait pas de reproches », « qu’ils ne sont jamais intimidés », « qu’ils savent ce qu’il faut dire aux gens »…cette réalité en cache souvent une autre. Au début de l’enquête, dans les collèges dits de culture mosaïque les élèves manifestaient une certaine fierté par rapport à leurs résultats scolaires, fierté paradoxale car ils n’étaient pas véritablement en situation de réussite. Mais l’analyse des résultats portant sur l’échantillon total montre presque le contraire car les élèves des collèges plus favorisés s’attachent davantage à la réalité des résultats et n’éprouvent pas le besoin de manifester leur fierté.
 
Les jeunes qui ressentent un malaise lié à la mauvaise estime de soi connaissent effectivement des problèmes d’ordre relationnel et s’ils se montrent souvent menaçants, c’est qu’ils se sentent menacés. Ils sont souvent mal à l’aise en classe où ils ont des difficultés pour prendre la parole, ils se laissent facilement décourager lorsque leurs résultats leur paraissent insuffisants. C’est presque toujours le cas des jeunes qui pendant l’enfance ont été confrontés à des problèmes affectifs. Les réponses des jeunes du CDEF reflètent bien cette réalité.
 
L’assurance de soi reste conditionnée par la capacité d’accepter l’image qu’ils font d’eux-mêmes et l’image d’eux-mêmes que les autres leur renvoient.



Réponses données par les jeunes


Résultats de l'enquête
 
Premieres analyses

 
Quelques précisions d'ordre clinique
 
Précisions d'ordre clinique (suite)
 
Conclusions transnationales
 

Limites et Complémentarités


L’étude a une valeur d’indication  (non statistique, non scientifique) sur l’estime de soi des jeunes dans le département de la Somme en 2005.
Malgré la finesse du questionnaire de Coopersmith, il est impossible de distinguer l’estime de soi individualiste, adaptée à notre époque où la valeur d’une personne est celle de son utilité ou de sa supériorité sur les autres, de l’estime de soi fondée sur le degré d’inscription dans la civilisation faisant référence à la succession des générations où la valeur d’une personne est liée à sa complexité, sa multiplicité, sa créativité, sa vitalité partagée.
Nous ne savons pas quelle serait l’estime de soi « idéale » correspondant à un bien- être de la personne en même temps qu’une bonne harmonie de vie en groupe.
Cette ignorance est préférable ; de même que nous ne connaissons pas vraiment de norme pour l’équilibre mental.
A partir des observations de notre recherche nous ne préconisons pas de remèdes ; les conseils « raisonnables » (même scientifiquement justifiés) ne suffisent jamais : c’est la limite de toute prévention. Nous invitons à avoir des idées accompagnant des expériences alternatives se rapportant au vécu des jeunes en pensant que le désir de ces jeunes, à l’intérieur de ces expériences influencera favorablement leur comportement. Nous avons appelé cela « Action de Médiation » dans la Somme et nos partenaires ont eux utilisé le programme Breakthrough.
Depuis 2 ans, la richesse du partenariat du projet Estime a apporté beaucoup d’exemples de résultats encourageants pour les jeunes qui ont participé.



Bibliographie


  •  " Evolution des Relations Armées-Société " : Pr Carpentier, Pr Wallet, Dr Maze-Loeffel - UPJV Amiens.
  •  " Changer d’Attitude " : Allain Carole - Montréal - Les Editions Logiques, 1998.
  •  " L’estime de soi, s’aimer pour mieux vivre avec les autres " : ANDRE Christophe et LELORD François - Paris - Editions Odile Jacob, 1999.
  •  " La psychanalyse des contes de fées " : BETTELHEIM Bruno - Paris : Robert Lafond, 1976. Coll.
  •  " Enfants perdus, enfants exclus "  : CANAVERO Andrea - Paris - ESF Editeur, 1992.
  •  "Tous les enfants peuvent réussir " : DE LA GARANDERIE Antoine - Paris - Centurion, 1988.
  •  "La parole qui guérit " : DREWERMANN Eugen-  Paris - Les Editions du Cerf, 1991.
  •  " L’estime de soi, un passeport pour la vie " : DUCLOS Germain - Montréal - Editions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2000. (Collection de l’Hôpital Sainte-Justine pour les parents).
  •  " Comment développer l’estime de soi de nos enfants : Guide Pratique à l’intention des parents d’enfants de 6 à 12 ans "  : LAPORTE Danielle et SEVIGNY Lise - Montréal - Editions de l’Hôpital Sainte-Justine, 1998 (Collection Estime de Soi).
  •  " L’estime de soi des 6-12 ans "  : LAPORTE Danielle et SEVIGNY Lise - Montréal - Editions de l’Hôpital Sainte Justine 2002(Collection de l’Hôpital Sainte-Justine pour les parents).
  •  " L’estime de soi des 6-12 ans " : LAPORTE Danielle et SEVIGNY Lise - Montréal -  Editions de l’Hôpital Sainte Justine, 2002.
  •   " Une parole qui transforme " : LUNEAU Solange - Victoriaville : Commission scolaire de Victoriaville, 1992.
  •  " Allégories thérapeutiques, histoires pour instruire et guérir " : MONBOURQUETTE Jean -Ottawa -  Université St Paul, 1984.
  •  " Enseigner des attitudes, planifier, intervenir, évaluer "  : MORISSETTE Dominique et GINGRAS Maurice - Sainte-Foy - les Presses de l’Université Laval, 1989.
  •  " La force symbolique des histoires " : TREMBLAY Jacques (dir.) - Pour une croissance humaine et spirituelle des jeunes - Montréal - Médiaspaul, 1998.
  •  " Comment développer l’estime de soi " : REASONNER Robert W. - Alberta -Psychometries Canada Ltd, 1995.


Breakthrough


L’équipe anglaise a utilisé le programme Breakthrough. Voici quelques informations sur ce programme :

Le Programme Breakthrough a pour objectif de répondre aux besoins des jeunes qui ont des difficultés avec les méthodes d’apprentissage traditionnelles et les études. Pour la plupart d’entre eux, ils sont souvent exclus de l’enseignement général et souvent brouillés avec la société.


Le programme s’adresse aux 14-19 ans qui se trouvent dans n’importe quelle situation. Ils peuvent être incarcérés, exclus de l’école ou pris en charge par une autorité locale ou par une famille d’accueil. Ils peuvent être au chômage, à la recherche d’un emploi ou dans une phase de poursuite d’études ou d’apprentissage. Ils peuvent être parent ou essaient peut-être d’échapper un style de vie qui les conduit dans  une mauvaise direction.


La participation au programme a pour but d’augmenter d’une façon significative les niveaux de confiance et d’estime de soi afin que les  individus puissent générer de la motivation et prendre en charge leur situation actuelle et ainsi commencer à se fixer des buts réalistes et atteignables. Ceci a pour but  de les réintégrer dans la société et d’améliorer leurs performances scolaires.


Le programme est principalement basé sur la psychologie cognitive et étudie les « high performers » afin de créer une série de principes basés sur la façon dont les croyances affectent la réalisation de notre potentiel. Le Pacific Institute appelle ceci « psychologie appliquée de l’image de soi ». Cette théorie est appliquée aux moyens d’histoires et d’exemples que les jeunes peuvent rencontrer dans leur vie quotidienne.
 


Bien qu’une approche systématique et structurée soit prise, le programme peut être mis en place de façon flexible afin de l’intégrer à une série de supports en faveur d’un travail de groupe vers un apprentissage plus formel.
Le cours est vu comme un outil pour ces adultes qui aident les jeunes plutôt qu’un substitut pour l’engagement personnel envers les individus concernés.


Le programme en lui-même est basé sur une vidéo / DVD divisé en 3 sections comprenant 13 unités, ce qui amène le participant à une série de réflexions et d’exercices qui ont pour objectif de l’encourager à avoir des pensées positives sur lui-même et de fixer ses propres objectifs pour le futur.


 Le Programme Breathrough


Ou comprendre comment nous pensons

- Briser les barrières- Rechercher la vérité
- Etre responsable de sa réflexion
- Comment notre esprit fonctionne



Construire une nouvelle confiance

- Nos attitudes et nos habitudes- Le pouvoir de l’auto-suggestion
- Construire l’estime de soi
- Développer nos zones de confort


Faire que cela arrive

- Le cycle du succès
- Ecrire nos objectifs`
- Visualiser un avenir meilleur
- Le pouvoir de la motivation
- La magie !




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