On peut contourner cette difficulté par le prélèvement sur buvard, ou par le dépistage salivaire.
L’auto-prélèvement sur buvard a donné d’excellents résultats avec une adhésion de la population d’usagers de drogue intraveineuse de 70 à 80%.
A Lomme, un travail a été fait sur le dépistage salivaire. La salivette, sorte de chewing-gum, est mastiquée pendant 1 à 2 minutes, centrifugée pour la recherche d’anticorps anti-VHC. Vu le mauvais état dentaire de la plupart des toxicomanes, la technique prélève sans doute également un peu de sang.
On reproche souvent à cette technique, sa mauvaise sensibilité et spécificité, mais nos chiffres sont encourageants :
· Sensibilité : 80 à 85%,
· Spécificité : 98 à 100 %
· Valeurs prédictives positive et négative : 90%
L’avantage de ce test est sa totale acceptabilité. Cette méthode permet de dépister la plupart des sujets virémiques et pourrait, dans certaines circonstances, représenter une alternative au dépistage sanguin. Elle est très simple et, dans une population ou l’accès veineux est difficile, parfois impossible, ou refusé, elle permet de répéter facilement les prélèvements, ce qui peut également avoir un intérêt pour les études épidémiologiques.
La salivette est cependant insuffisante à elle seule, le résultat devant être confirmé par PCR. Il serait peut être intéressant (rôle des pôles des réseaux) de comparer cette technique par rapport à l’auto-prélèvement sur buvard.
L’intérêt d’une telle approche, si on la généralise, réside dans l’hypothèse qu’un dépistage régulier permettrait une meilleure sensibilisation des sujets anti-VHC négatifs vis-à-vis des conduites à risque.
De plus, on sait actuellement que lorsqu’il y a séroconversion, et donc hépatite C aiguë, symptomatique ou non, un traitement simple d’une durée préconisée de 6 mois, permet une éradication virale dans près de 100% des cas, si la séroconversion date de moins de six mois.