ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°11, décembre 2003 > La prise en charge de l'hépatite C chez l'usager de drogue. Pr Bernard FILOCHE, Hôpital st Philibert, LOMME


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Dépistage dans la population toxicomane

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Introduction | Les risques viraux | Prévention _ Dispensation des seringues | Dépistage dans la population toxicomane | Traitement de l'hépatite C chez l'usager de drogue | Propositions: nouvelles modalités de prise en charge | Conclusion



Connaissance du statut sérologique


Connaissance du statut sérologique
·  En 1994, 50% des toxicomanes ne connaissaient pas leur statut sérologique.
·  En 1998, 60 à 80% des toxicomanes injecteurs connaissent leur statut sérologique.
La connaissance de la sérologie VHC permet de renforcer la prévention parce qu’elle peut diminuer les pratiques à risque. Les efforts de dépistage restent nécessaires mais il persiste des obstacles car beaucoup d’usagers de drogues intraveineux ne fréquentent pas les CSST, et, lorsqu’ils les fréquentent, leur état veineux ne permet pas toujours le prélèvement en vue du dépistage.



Techniques de dépistage utilisées chez l’usager de drogues


On peut contourner cette difficulté par le prélèvement sur buvard, ou par le dépistage salivaire.
L’auto-prélèvement sur buvard a donné d’excellents résultats avec une adhésion de la population d’usagers de drogue intraveineuse de 70 à 80%.
A Lomme, un travail a été fait sur le dépistage salivaire. La salivette, sorte de chewing-gum, est mastiquée pendant 1 à 2 minutes, centrifugée pour la recherche d’anticorps anti-VHC. Vu le mauvais état dentaire de la plupart des toxicomanes, la technique prélève sans doute également un peu de sang.
On reproche souvent à cette technique, sa mauvaise sensibilité et spécificité, mais nos chiffres sont encourageants :
·         Sensibilité : 80 à 85%,
·         Spécificité : 98 à 100 %
·         Valeurs prédictives positive et négative : 90%
L’avantage de ce test est sa totale acceptabilité. Cette méthode permet de dépister la plupart des sujets virémiques et pourrait, dans certaines circonstances, représenter une alternative au dépistage sanguin. Elle est très simple et, dans une population ou l’accès veineux est difficile, parfois impossible, ou refusé, elle permet de répéter facilement les prélèvements, ce qui peut également avoir un intérêt pour les études épidémiologiques.
La salivette est cependant insuffisante à elle seule, le résultat devant être confirmé par PCR. Il serait peut être intéressant (rôle des pôles des réseaux) de comparer cette technique par rapport à l’auto-prélèvement sur buvard.
L’intérêt d’une telle approche, si on la généralise, réside dans l’hypothèse qu’un dépistage régulier permettrait une meilleure sensibilisation des sujets anti-VHC négatifs vis-à-vis des conduites à risque.
De plus, on sait actuellement que lorsqu’il y a séroconversion, et donc hépatite C aiguë, symptomatique ou non, un traitement simple d’une durée préconisée de 6 mois, permet une éradication virale dans près de 100% des cas, si la séroconversion date de moins de six mois.



Cas particulier du milieu carcéral


L’incarcération, étape fréquente dans le parcours d’un usager de drogues intraveineux, est liée à la marginalité. Une étude faite à LILLE, sur 806 détenus, a montré 54,4% de toxicomanes, dont 55,6% VHC+ avec un risque plus élevé chez les injecteurs (80%).
La prison peut également être le lieu d’initiation à la toxicomanie et de transmission de l’hépatite C.



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