ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°11, décembre 2003 > Co-infection VIH - VHC, aspects pratiques. Pr JL Schmit


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Problèmes posés par la co-infection VIH - VHC

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Epidémiologie | Problèmes posés par la co-infection VIH - VHC | Expérience amiénoise | Recommandations du rapport Delfraissy 2002 | En conclusion


L’infection par le VHC est plus rapidement évolutive chez les patients infectés par le VIH.  On ignore si  l’infection VIH est plus grave chez les patients co-infectés par le VHC. La toxicité hépatique des anti-rétroviraux pose plus de problèmes chez les co-infectés que chez ceux qui ne le sont pas. Certains médicaments très efficaces sur le VIH sont d’utilisation difficile en cas de co-infection par le VHC en raison du risque de toxicité hépatique, notamment la névirapine (Viramune®). La polychimiothérapie est donc difficile, ce qui incite, chez les co-infectés, à traiter l’infection par le VHC si possible avant d’avoir à traiter le VIH. Si le traitement pour le VIH est déjà nécessaire, il faut essayer de le simplifier au maximum pour éviter des associations mal tolérées.
La toxicité mitochondriale des nucléosides inhibiteurs de la reverse transcriptase (NRTI), c’est à dire la famille de l’AZT, peut être potentialisée par certaines associations médicamenteuses. On a observé l’apparition de phénomènes de toxicité mitochondriale après introduction de la ribavirine chez des patients qui en étaient exempts sous traitement par nucléosides pour le VIH.


Influence de l’infection par le VIH sur l’évolution de l’hépatite C


Un travail de Benhamou et al a montré une progression du score de fibrose plus rapide chez les co-infectés que chez les patients uniquement porteurs du VHC.


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Hépatite chronique C. Influence de la co-infection à VIH sur la vitesse de progression de la fibrose.
Patients appariés pour le sexe, le facteur de risque, l’âge à la contamination VHC, l’âge à la biopsie hépatique et la consommation d’alcool.
Benhamou Y et al. Hepatology 1998



Influence du VHC sur l’infection par le VIH



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Influence de l’infection à VHC sur l’infection à VIH

Il est difficile d’affirmer que l’infection par le VIH est plus grave en cas de  co-infection par le VHC car de nombreux facteurs influencent l’évolution de la maladie due au VIH.
Il semble que la  réponse en CD4 sous trithérapie anti-VIH, , c’est à dire la restauration immunitaire, soit légèrement inférieure en cas de co-infection par le VHC




Traitement anti-VHC chez les co-infectés


 Premières études



Ces études, non contrôlées et de faible effectif, ont porté sur les effets de la bithérapie interféron (3 MU par semaine) et ribavirine (800 à 1200mg par jour) chez des patients co-infectés. Les résultats sont médiocres, mais il s’agit  de patients ayant déjà été traités par interféron sans succès, chez qui les résultats thérapeutiques sont décevants même en l’absence de co-infection VIH.

AuteurNNon répondeurs à l'IFN en monothérapie (%)Durée du traitementRéponse prolongéeArrêts (intolérance)
Landau A*5140% 12 mois21%29%
Zylberbergh H**21100% 8,5 mois14%5%
Landau A et al. AIDS 2001; 15 : 2149-55
Zylberberg H et al. Gut 2000 ; 47 : 608-7
* Pas d'effet délétère sur la charge virale VIH
** Patients sous traitement anti-VIH. 3 patients ont eu une augmentation de plus de 0,5 log 10 copies/ml de la charge virale VIH après 3 à 6 mois de Ribavirine


 Etude Ribavic



Cet essai randomisé a comparé l’IFN (IFN)standard à l’IFN Pégylé (PEG IFN) chez 416 patients co-infectés recevant également de la ribavirine. 176 patients ont été analysés à S48 : 111 dans un groupe et 110 dans l’autre.
Les résultats sont préliminaires :
- Efficacité
-PCR négative en fin de traitement : IFN  : 24%, PEG IFN : 38 %  (p<0.01)
-Réponse virologique per-protocole : IFN : 31% , PEG IFN : 51%
-Les résultats sont meilleurs pour les génotypes 2 et 3. La réponse est moins bonne chez les patients immunodéprimés avec des CD4 <500 versus ceux qui ont des CD4 > à 500. 
- Tolérance : -les effets indésirables semblent globalement identiques à ceux observés chez les mono-infectés par le VHC. Cependant, la leucopénie induite par le traitement de l’hépatite C risque de faire chuter les CD4 de façon préoccupante.
-Effets indésirables graves (EIG):
sur 136 EIG signalés (59 IFN, 77 PEG), 112 ont entraîné une hospitalisation et 5 le décès du patient. Il n’y a pas de différence d’imputabilité entre les deux médicaments quel que soit le bras.
-Le pourcentage d’arrêt définitif du traitement  est de 36% dans le bras IFN et  de 38% dans le bras IFN PEG
-Certains effets indésirables sont attribués à une interaction ribavirine NRTI : 6 pancréatites, 7 hyperlactatémies très significatives à plus de 5 mmoles/L, 4 suspicions hyperlactatémies (>2,9 mmoles/L). Ce type d’effet indésirable peut survenir sous inhibiteurs nucléosidiques, mais peut être facilité par la ribavirine.



Influence du traitement anti-VIH sur l’évolution de l’hépatite C


Cette étude montre une diminution importante du  pourcentage de survenue  de cirrhoses chez les patients traités par anti-protéase.



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Risque cumulé d’évolution vers la cirrhose en  fonction de la durée d’exposition au VHC (n=182)
Benhamou Y et al . Hepatology 2001



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