ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°11, décembre 2003 > Co-infection VIH - VHC, aspects pratiques. Pr JL Schmit


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Epidémiologie | Problèmes posés par la co-infection VIH - VHC | Expérience amiénoise | Recommandations du rapport Delfraissy 2002 | En conclusion

Environ 300 patients infectés par le VIH sont suivis à Amiens dont 12% de patients co-infectés. Parmi ces patients  co-infectés, 3 peuvent être considérés comme guéris.
1.     Une femme de 36 ans, contaminée probablement par voie hétérosexuelle a eu en 1993 une première biopsie de foie montrant une hépatite chronique active modérée. Elle avait alors à peu près 300 CD4. L’hépatite C a été traitée par l’interféron en monothérapie en 1993, sans disparition de la cytolyse (la  PCR n’était pas disponible à l’époque). Une deuxième cure d’interféron à plus fortes doses  en 1994 a été inefficace. Un traitement anti-VIH en plusieurs étapes a ensuite permis le contrôle de son infection VIH par une trithérapie (charge virale du VIH indétectable, 461 CD4), bien supportée. La patiente étant très demandeuse,  bien que l’index métavir ait été mesuré à A1F1 sur une nouvelle biopsie, elle a été traitée en 2000 par une association interféron pégylé et ribavirine pendant 12 mois (génotype 1b). Sous traitement, elle a perdu 3 kilos, a eu une salmonellose,  mais a guéri de son hépatite C puisque maintenant, à 12 mois de la fin du traitement, l’ARN du VHC reste indétectable.
2.     Une femme de 39 ans, contaminée par voie hétérosexuelle (génotype inconnu) a guéri avec 6 mois de monothérapie par interféron en 1993. Elle avait 1 072 CD4 à cette époque
3.     Un homme de 42 ans, contaminé par toxicomanie, avec un génotype 3, avait un score de Knodell à 10, des CD4 à 543. Il n’a pas été traité pour son VIH. L’hépatite C a été traitée 12 mois dans le cadre de l’étude Ribavic. L’ARN du VHC reste indétectable 6 mois après l’arrêt du traitement.
D’autres patients sont actuellement  en cours de traitement :
Un patient de 41 ans, d’abord inclus dans l’essai Ribavic avait du stopper son traitement à la suite de l’apparition d’un diabète. Il est actuellement sous trithérapie pour le VIH  et bithérapie pour le VHC. La réapparition du diabète a nécessité un traitement. On note également chez lui une perte de poids et l’apparition d’ un syndrome dépressif nécessitant un traitement. A l’heure actuelle, il est toujours sous traitement, ses transaminases sont normales et l’ARN du VHC indétectable.
D’autres patients dont les dossiers ont été revus sont actuellement traités, ou en attente de traitement
Les progrès obtenus dans le traitement de l’infection par le VIH modifient donc les pratiques, la durée de vie des patients infectés par le VIH étant, grâce aux nouveaux schémas thérapeutiques, très allongée. Le pronostic chez ces patients n’est donc plus uniquement lié au VIH. L’amélioration des traitements de l’hépatite C justifie donc de traiter cette infection chez les patients co-infectés VIH-VHC.


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