La mise au point de marqueurs biologiques de la fibrose hépatique a fait l’objet de nombreuses publications ces dernières années. Le Fibrotest, mis au point par l’équipe de la Pitié Salpétrière (Pr T Poynard) a été largement médiatisé, et est connu du grand public alors que ses modalités d’utilisation restaient mal définies, créant un certain désarroi chez les hépato-gastroentérologues.
En janvier 2003, l’Afef (Association Française pour l’Etude du Foie) avait publié un communiqué soulignant l’intérêt de ce type de test dans la prise en charge des patients, mais jugeait son utilisation prématurée en pratique quotidienne : « il n’existe actuellement aucun consensus sur le type de test à utiliser, comme l’ont d’ailleurs souligné les récentes conférences de Consensus Française et Américaine sur l’hépatite C. Clairement, des recommandations ne pourront être faites qu’au terme d’études prospectives indépendantes et multicentriques. Les résultats de telles études ne sont pas disponibles dans la littérature et, dans ces conditions, l’Afef estime prématuré de recommander l’utilisation de ces tests en pratique quotidienne. Cette opinion pourra bien sûr être rapidement modifiée en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques.»
Cette position a été modifiée à la suite de la publication des résultats d’études importantes menées chez des patients atteints d’hépatite C, et exprimée dans un nouveau communiqué d’octobre 2003. L’Afef estime que: « le Fibrotest peut désormais être considéré comme un des moyens d’évaluation de la fibrose en pratique clinique chez les patients ayant une hépatite chronique C, tout en rappelant que la prise en charge de ces patients ne saurait se résumer à une évaluation de la fibrose. » Il est rappelé que « les résultats d’études prospectives indépendantes et multicentriques ne sont pas encore disponibles pour les hépatopathies autres que virale C et que ce test n’a pas été évalué chez l’enfant ». Les problèmes pratiques liés à l’utilisation de ce test sont de deux ordres :
· Le risque de faux positifs ou faux négatifs de l’ordre de 20%, comparable à celui de la biopsie hépatique.
· Le non-remboursement, le test ne figurant pas à la nomenclature, avec un coût de 50 Euros en supplément du dosage des paramètres biologiques utilisés.