Les professionnels de santé peuvent aider le patient atteint d’hépatite à se débarrasser de ses DASRI. La première étape consiste à fournir des containers adaptés, munis de systèmes de verrouillage. Les laboratoires pharmaceutiques commercialisant les interférons distribuent gratuitement depuis plusieurs années ce type de container, qui peut être remis au patients lors de l’initiation du traitement, ou de son renouvellement. Parfois, un container est fourni par l’infirmière, ou par un laboratoire d’analyse ; ces pratiques rares ne peuvent pas être systématisées compte tenu de leur coût pour le professionnel de santé. La meilleure attitude serait donc d’utiliser de façon systématique les containers fournis par les laboratoires pharmaceutiques, qui peuvent être remis, soit par le médecin prescripteur du traitement, soit par le pharmacien qui le délivre. Nous avons donc là une solution simple, sans coût pour le patient et le professionnel de santé, permettant de stocker avant destruction les DASRI dans des conditions satisfaisantes. Leur destruction, et la traçabilité qui doit l’accompagner, posent des problèmes beaucoup plus difficiles. Des initiatives individuelles existent, de la part de certains laboratoires, centres hospitaliers, qui acceptent les containers et les incluent dans leur filière de destruction avec leurs propres déchets. Cependant, même si cette pratique est a priori satisfaisante en ce qui concerne la lutte contre le risque infectieux, elle respecte difficilement la réglementation puisque la traçabilité n’est pas toujours assurée. De nombreux centres de soins refusent la prise en charge des déchets d’automédication pour cette raison. En outre, le coût de la destruction des DASRI est, dans cette situation, à la charge du laboratoire , du centre de soin ou du professionnel de santé, ce qui donne automatiquement un caractère exceptionnel à cette façon de procéder. Ce coût est d’autant plus lourd que le centre de soin est de petite taille. Pour les patients habitant hors des grosses agglomérations urbaines, le traitement des déchets de soins ne peut donc pas s’intégrer dans une prise en charge de proximité. Il n’existe pas de solution « à la carte « pour chaque patient. La seule envisageable à court terme serait de favoriser la co-élimination des DASRI provenant de l’automédication des patients atteints d’hépatite virale chronique avec les déchets des établissements hospitaliers, pour lesquels, compte tenu du très important volume de DASRI qu’ils produisent, le surcoût engendré peut être considéré comme négligeable. Des méthodes de traçabilité simplifiées (containers numérotés, cahier de dépôt..) permettraient de respecter la réglementation tout en sauvegardant l’anonymat du patient. Certes, ce mode de traitement des déchets provenant de l’automédication a l’inconvénient d’être centralisé sur de gros centres, et donc d’imposer au patient de se déplacer pour déposer son container, au moins une fois tous les trois mois. D’autres solutions, telles que l’apport volontaire dans différents sites ou bornes sécurisées peuvent s’envisager, mais, d’une part, il n’en existe pas en Picardie, d’autre part, elles ne sont applicables qu’en milieu urbain