Sommaire n°8, avril 2002 | Conduite à tenir devant une augmentation modérée prolongée des transaminases sériques.
Professeur JP CAPRON, CHU Amiens | Faut il suivre les patients porteurs d'anticorps anti-VHC dont la PCR est négative spontanément ou après traitement?
Docteur Ch. HALIMI, CH Senlis | Le traitement de l'hépatite C: Le point actuel.
Dr O. INK , CH Soissons
|  | Les transaminases sont les enzymes majeures de la cytolyse hépatique. La définition de la cytolyse hépatique est anatomo-pathologique. Cela va de la perméabilité membranaire jusqu’à la nécrose, lésion la plus grave, en passant par l’œdème et l’apoptose. En pratique courante, la cytolyse est définie essentiellement par le dosage de l’activité sérique des transaminases. Les transaminases, terme utilisé en pratique courante, devraient être appelées aminotransférases selon les recommandations internationales. Ce sont des enzymes qui participent au métabolisme intermédiaire des acides aminés. On distingue deux types d’enzymes. La première est l’alanine aminotransférase (ALAT), ancienne TGP, qui est essentiellement localisée dans le foie et uniquement dans le cytoplasme. Elle siège aussi dans le muscle et sa demi-vie est de 47 heures. La deuxième enzyme est l’aspartate aminotransférase (ASAT), ancienne TGO, essentiellement localisée dans le muscle strié, cardiaque ou squelettique, mais aussi dans le foie (dans les mitochondries à 90%). Cependant, ce que l’on dose dans le sang provient essentiellement des 10% de la partie cytoplasmique de cette enzyme. Sa demi-vie est de 17 heures, ce qui explique, que dans les situations aiguës, le retour plus rapide de la normale de l’ASAT que de l’ALAT. Ces deux enzymes ont comme coenzyme le 5’ pyridoxal phosphate ou vitamine B6. On distingue, de façon arbitraire, deux grandes situations : 1. La cytolyse aiguë ou l’activité des transaminases est supérieure à 10 fois la normale dont la durée varie de quelques jours à quelques semaines. Cette situation, finalement relativement rare, est représentée essentiellement par les hépatites virales. 2. La deuxième situation, la plus fréquente, est la cytolyse chronique, là encore définie de façon un peu arbitraire. L’activité des transaminases est inférieure à 10 fois la normale et peut durer des mois, voire des années. Cette situation est fréquente et pose des problèmes courants et quotidiens au praticien. Les transaminases sont l’un des tests biologiques les plus fréquemment prescrits. En l’an 2000, 70 000 dosages ont été faits au CHU d’Amiens, sans compter, bien sûr, les dosages effectués dans les laboratoires de ville. |
Fréquence de l'augmentation modérée prolongée des transaminases sériques dans la population générale |
|  | 1. Chez les donneurs de sang au CHU d’Amiens, 1,5% ont une augmentation de l’ALAT. La population alcoolique est sous-estimée puisque l’ASAT n’est pas dosée. 2. Deux abstracts décrivent, chez 2000 volontaires sains américains, 2% d’augmentation des transaminases. Ø Avant de passer à la pratique, il est toujours bon de rappeler quelques aphorismes simples : - TOUTES les maladies hépato-biliaires peuvent être responsables d’une augmentation des transaminases. - QUELQUES maladies extra-hépatiques peuvent en être responsables. - Il n’y a pas de RELATION stricte, sinon aucune, entre les transaminases et l’importance des lésions histologiques hépatiques.
Les principales circonstances de la découverte d’une augmentation modérée de l’activité sérique des transaminases sont les suivantes : - Bilan de santé, - Découverte fortuite, - Bilan de Sécurité Sociale, - Dépistage systématique (à la recherche du virus C dans certaines conditions). - Signes fonctionnels (asthénie) et/ou physiques divers (hépatomégalie). |
|  | Toutes les atteintes alcooliques du foie (foie normal, stéatose, fibrose, cirrhose) peuvent induire une augmentation des transaminases que ce soit une cirrhose ou un alcoolisme chronique sans anomalie histologique hépatique évidente. Sur le plan du diagnostic : La clinique reste primordiale : interrogatoire, examen clinique. La biologie est un peu complexe puisque l’on se base sur les données classiques, un rapport ASAT/ ALAT > 1 à 2, le volume globulaire moyen, la Gamma GT avec une spécificité et une sensibilité qui sont très médiocres. Le meilleur test à l’heure actuelle semble être l’augmentation de la transferrine désialylée (plus de 1,3% de la transferrine totale) avec une sensibilité de l’ordre de 85% et une spécificité de l’ordre de 95%. L’imagerie garde bien sûr tout son intérêt, avec l’échographie qui peut faire le diagnostic de stéatose, de fibrose et même de cirrhose. L’intérêt de la ponction biopsie hépatique est surtout pronostique et se discute au cas par cas, en fonction des données de l’examen clinique et de la durée de l’intoxication. |
|  | La deuxième grande cause est LE SURPOIDS, peut être un peu moins connu et qui est souvent associé à des anomalies métaboliques diverses (diabète non insulino-dépendant, dyslipidémie), et qui est responsable de deux types de lésions : 1. La STEATOSE ISOLEE diffuse ou hétérogène qui ne nécessite en général, aucune investigation complémentaire et surtout pas de ponction biopsie hépatique. 2. Depuis une dizaine d’années, est apparue une entité nouvelle que l’on appelle STEATO-HEPATITE NON ALCOOLIQUE. Certains auteurs ont tenté de trouver des marqueurs de fibrose et d’établir des scores cliniques et/ou biologiques pour prédire la présence de lésions plus sévères : nécrose, inflammation, fibrose voire cirrhose et de proposer une biopsie hépatique. - Parmi les principaux facteurs, on peut isoler : a) l’âge supérieur à 45 ans, b) un indice de masse corporelle supérieur à 28 ou 30 selon les séries, c) une augmentation des triglycérides chez les uns, une augmentation de l’ALAT à plus de deux fois la normale chez les autres. |
Les hépatites chroniques virales B et C |
|  | L'hépatite chronique virale C
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- 600 000 personnes contaminées en France. - Les principaux facteurs de risque sont la toxicomanie, les transfusions <1991 et les actes médicaux invasifs. Dans environ 15% des cas, le mode de transmission est inconnu. - 80% de formes chroniques, - Anticorps antivirus C, - PCR de l’ARN du virus C - PBH avant un éventuel traitement.
Intérêt d’un dépistage systématique dans les populations exposées
L'hépatite chronique virale B
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- 100 000 personnes contaminées. - Risque essentiellement sexuel, notamment chez l’adolescent, mais qui devrait baisser avec l’amplification de la vaccination, - 10% de formes chroniques, - Antigène HBs, Anticorps anti-HBc, Antigène HBe et anticorps anti-HBe. L’apparition de mutants du virus dont le plus connu est le mutant pré-C doit être prise en compte dans l’interprétation du statut sérologique. - Recherche et quantification de l’ADN du virus B, - PBH avant un éventuel traitement. |
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- L’hémochromatose génétique qui est la maladie héréditaire la plus fréquente avant la mucoviscidose :
· Antécédents familiaux, · Signes fonctionnels (asthénie, douleurs articulaires) et/ou physiques, hépatomégalie éventuelle. · Fer sérique augmenté, coefficient de saturation supérieur à 45% mais ce test n’est pas aussi sensible ni spécifique que cela pour dépister une homozygotie sur une mutation C282Y par exemple. La ferritine a un intérêt relativement médiocre. · Tout à changé depuis la découverte du gène en 1996 avec ses mutations : C282 Y et H 63D. · Comment quantifier la surcharge en fer ? il y a eu l’apport relativement récent et intéressant de l’IRM qui a remplacé finalement la biopsie hépatique, sauf lorsque les transaminases sont augmentées et lorsqu’il existe une hépatomégalie et en cas d’une augmentation de la ferritine supérieure à 1000ng/ml. - Une deuxième entité a été proposée par les auteurs rennais sous le nom d’hépatosidérosedysmétabolique caractérisée par une surcharge en fer modérée, le fer étant quasiment normal, la concentration hépatique en fer ne dépassant pas 100 mcmol/g de foie sec. Le coefficient de saturation est souvent normal ou proche de la normale dans 50% des cas environ. Cette hépatosidérose est constamment associée à un syndrome d’insulino-résistance caractérisé par une obésité (IMC > 25), un diabète, une hypercholestérolérmie, une hypertriglycéridémie et une hypertension artérielle. La cause est inconnue et les auteurs proposent de quantifier l’importance de la surcharge qui est en général modérée et de la traiter par quelques saignées de 400ml tous les 15 jours.
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- Anticorps anti-tissus - Electrophorèse des protides, - Ponction biopsie hépatique avant la mise en route d’un traitement immunosuppresseur.
- Les médicaments, - La maladie de Wilson - Déficit en alpha 1 anti-trypsine qui est beaucoup plus rare |
|  | | Causes extra-hépatiques | Les méthodes de diagnostic | | DYSTHYROIDES | T3 - T4 - TSH - Anticorps antipéroxydase et anti-thyroglobuline, | | Maladie coeliaque | Anticorps antiendomysium - Biopsies duodénales | | Insuffisance surrélanienne | Dosage de la cortisolémie qui est basse, parfois révélée par un test au Synacthène | | Macro ASAT (IgG) qui est tout à fait exceptionnelle | Précipitation par le PEG | | MALADIE MUSCULAIRE (surtout chez l'adulte jeune et l'adolescent) | Créatinine-kinase, Aldolase. GT normales. Transaminases (notamment l'ALAT) parfois très élevées mais GGT normale. |
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|  | Un fichier régional serait intéressant pour mieux étudier les cytolyses dont l’origine est restée inconnue. Une étude nationale est actuellement en cours sur ce sujet. |
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© GIP de télémédecine de Picardie - Réseau Hépato-Picardie
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