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Faut il suivre les patients porteurs d'anticorps anti-VHC dont la PCR est négative spontanément ou après traitement? Docteur Ch. HALIMI, CH Senlis

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Sommaire n°8, avril 2002 | Conduite à tenir devant une augmentation modérée prolongée des transaminases sériques. Professeur JP CAPRON, CHU Amiens | Faut il suivre les patients porteurs d'anticorps anti-VHC dont la PCR est négative spontanément ou après traitement? Docteur Ch. HALIMI, CH Senlis | Le traitement de l'hépatite C: Le point actuel. Dr O. INK , CH Soissons



Patients non traités ayant une recherche de l’ARN du VHC négative :


Dix à 40% des patients porteurs d’anticorps anti-VHC ont un taux d’ALAT normal (3 valeurs normales sur 6 mois de surveillance) et 15 à 45% d’entre eux ont de plus, un ARN viral indétectable avec nos techniques actuelles de PCR.

 Qui sont ces patients?



On pense que ces patients ont définitivement ou au moins pour un certain temps, guéri de leur hépatite C aiguë.

 Comment prouver cette affirmation?



Ils n’ont pas ou peu d’atteinte histologique d’une part et surtout leur profil ne change pas dans le temps, avec pour l’instant, un recul de 8 à 10 ans.

Pourquoi ces patients ont-ils quand même quelques lésions histologiques modérées ?
  • Les lésions se limitent à une inflammation et une nécrose modérées. La fibrose est soit absente, soit tout à fait minime.
  • Il peut s’agir de lésions non spécifiques, pouvant se voir aussi dans le foie de sujets sains, ou de séquelles hépatiques de leur infection aiguë ancienne.
  • Cette réplication a priori négative est peut être néanmoins persistante. La sensibilité des tests (PCR) n’étant pas parfaite, il peut exister des résultats faussement négatifs

Selon les données  communiquées par Patrick MARCELLIN, 135 malades ayant des ALAT normales et ont été suivis pendant 8 ans et demi, avec dosage des ALAT tous les mois et recherche d’ARN viral tous les six mois dont 31% avaient une PCR négative.
Les caractéristiques cliniques et épidémiologiques des deux groupes (PCR positive et PCR négative) n’étaient pas significativement différentes. Histologiquement, les lésions se limitaient à une nécrose et une inflammation modérée et la fibrose était soit minime, soit absente.
Les lésions histologiques étaient moins importantes chez les patients à PCR négative.
Pendant ces 8 ans de suivi, les patients sont restés stables dans le temps, c’est à dire que la PCR indétectable est resté indétectable pendant 8 ans dans tous les cas, et que la PCR positive est restée positive dans tous les cas pendant les 8 ans. Une augmentation modérée de l’ALAT a été observée chez 21% des sujets dont la PCR était positive.
De plus, chez 12 patients dont la recherche de l’ARN viral était négative dans le sérum, la PCR était également négative dans le foie, ce qui confirmerait l’hypothèse selon laquelle le virus est effectivement éliminé.
 
En 1999, la conférence de Consensus Européenne nous a donné les recommandations suivantes :
-Ne pas biopsier ces patients,
- Ne pas les traiter.
Par contre, les modalités de surveillance restent mal définies.: Faut-il les surveiller, comment et combien de temps ?
 
A la suite de son étude, Patrick MARCELLIN propose les modalités de surveillance suivantes fondées  sur le ratio patient/contrôle du test sérologique.
 
-          Lorsque le ratio patient/contrôle est considéré comme faible, il se contente d’une surveillance d’un an en faisant des ALAT tous les 3 mois pendant un an et une PCR à 1 an. Si à 1 an, les patients sont restés identiques avec PCR indétectable et ALAT toujours normales, la surveillance est interrompue.
-          Si le taux d’anticorps et le ratio patient/contrôle est plus élevé, la surveillance est annuelle pendant 5 ans et, si les patients gardent des ALAT normales et une PCR négative pendant 5 ans, la surveillance est interrompue.



Patients ayant une PCR négative après traitement maintenu au moins pendant 6 mois après la fin de lui-ci.


La conférence de Consensus concluait : « les malades ayant une réponse prolongée doivent être surveillés régulièrement car l’évolution à long terme est inconnue ».
Dans un travail fait à Montpellier, présenté aux Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie en 2001,60 malades ont été étudiés :
- 30% naifs
- 55% rechuteurs
- 15% non répondeurs
78% des cas étaient traités par la bithérapie classique
Ces patients, en réponse virologique soutenu 6 mois après la fin du traitement ont été suivis pendant 18 mois en moyenne (extrêmes 6 mois à 8 ans) avec réalisation d’une PCR tous les 6 mois.
- 34 malades plus d’un an
- 16 plus de 2 ans
- 7 plus de 3 ans
- 1 plus de 8 ans
 
Aucune récidive n’a été observée.
La répartition des génotypes  est habituelle de même que l’âge, le sexe ratio.
- 1b           37%
- 3            21%
- 2            17%
- 1a             9%
- 1c           1 cas
- 4 :           1 cas
- 5 :           1 cas
 
L’âge moyen : 48 ans    55% moins de 50 ans, 45% plus de 50 ans.
Sexe ratio = 1.
 
 
METAVIR :
- A1 :             48%
- A2 :             43%
- FO ou F1 :   66%
- F2 :             8%
- F3 ou F4 :    26%

La réponse virologique après 6 mois de traitement, en cas de réponse complète prolongée, persistait après 18 mois et aucune récidive n’était observée même chez les patients considérés comme de mauvais pronostic : génotype 1b, patients de plus de 50 ans, fibrose extensive (26% F3 ou F4).
Si la PCR reste négative 6 à 8 mois après la fin de traitement, on considère que les patients ont moins de 5% de risque de réactivation de leur maladie. Il est recommandé de contrôler l’ALAT et la PCR annuellement pendant 5 ans. Si l’ALAT reste normale et la PCR négative au bout de 5 ans, on peut arrêter la surveillance, le patient pouvant être considéré comme guéri.



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