Dix à 40% des patients porteurs d’anticorps anti-VHC ont un taux d’ALAT normal (3 valeurs normales sur 6 mois de surveillance) et 15 à 45% d’entre eux ont de plus, un ARN viral indétectable avec nos techniques actuelles de PCR.
On pense que ces patients ont définitivement ou au moins pour un certain temps, guéri de leur hépatite C aiguë.
Ils n’ont pas ou peu d’atteinte histologique d’une part et surtout leur profil ne change pas dans le temps, avec pour l’instant, un recul de 8 à 10 ans.
Selon les données communiquées par Patrick MARCELLIN, 135 malades ayant des ALAT normales et ont été suivis pendant 8 ans et demi, avec dosage des ALAT tous les mois et recherche d’ARN viral tous les six mois dont 31% avaient une PCR négative.
Les caractéristiques cliniques et épidémiologiques des deux groupes (PCR positive et PCR négative) n’étaient pas significativement différentes. Histologiquement, les lésions se limitaient à une nécrose et une inflammation modérée et la fibrose était soit minime, soit absente.
Les lésions histologiques étaient moins importantes chez les patients à PCR négative.
Pendant ces 8 ans de suivi, les patients sont restés stables dans le temps, c’est à dire que la PCR indétectable est resté indétectable pendant 8 ans dans tous les cas, et que la PCR positive est restée positive dans tous les cas pendant les 8 ans. Une augmentation modérée de l’ALAT a été observée chez 21% des sujets dont la PCR était positive.
De plus, chez 12 patients dont la recherche de l’ARN viral était négative dans le sérum, la PCR était également négative dans le foie, ce qui confirmerait l’hypothèse selon laquelle le virus est effectivement éliminé.
En 1999, la conférence de Consensus Européenne nous a donné les recommandations suivantes :
-Ne pas biopsier ces patients,
- Ne pas les traiter.
Par contre, les modalités de surveillance restent mal définies.: Faut-il les surveiller, comment et combien de temps ?
A la suite de son étude, Patrick MARCELLIN propose les modalités de surveillance suivantes fondées sur le ratio patient/contrôle du test sérologique.
- Lorsque le ratio patient/contrôle est considéré comme faible, il se contente d’une surveillance d’un an en faisant des ALAT tous les 3 mois pendant un an et une PCR à 1 an. Si à 1 an, les patients sont restés identiques avec PCR indétectable et ALAT toujours normales, la surveillance est interrompue.
- Si le taux d’anticorps et le ratio patient/contrôle est plus élevé, la surveillance est annuelle pendant 5 ans et, si les patients gardent des ALAT normales et une PCR négative pendant 5 ans, la surveillance est interrompue.