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Virus D. Dr A Imbert, CHU, Amiens

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Sommaire n°7, octobre 2001 | La vie quotidienne de la personne infectée par le virus C, d’après l’exposé Pr P. Couzigou, hôpital du Haut-Lévèque, Pessac | Virus D. Dr A Imbert, CHU, Amiens | Carcinome hépatocellulaire. Quoi de neuf en 2001? Docteur J.C BARBARE, CH Compiègne | Les variants du virus de l'hépatite B . Dr V. Thibault, Pitié- Salpêtrière, Paris


Le virus D (VHD) a été découvert par RIZETTO en 1977, qui a mis en évidence un nouvel antigène nucléaire dans les hépatocytes de malades souffrant d’hépatite virale chronique B particulièrement sévère. Ce n’est que quelques années plus tard que la transmission expérimentale au chimpanzé permit de mieux caractériser le virus.


Aspects virologiques



Le virus D est un virus défectif, totalement dépendant de la présence du virus B. Son enveloppe dérive de celle du virus B. Elle est composée d’une membrane lipidique et de l’antigène HBs qui permet au virus de se fixer et de pénétrer dans l’hépatocyte.
Son génome est composé d’un ARN simple brin, circulaire. Au sein de la particule virale, on trouve deux protéines  codées par le génome qui portent l’antégénicité delta.
La petite protéine active la réplication virale ; la grande l’inhibe et favorise l’assemblage des particules.
La réplication virale D est un mécanisme très complexe. Cette réplication se fait uniquement au niveau du foie dans le noyau des hépatocytes. Classiquement, elle inhibe la réplication du VHB.


Epidémiologie


La prévalence de l’infection dans les pays industrialisés a fortement diminué, probablement de par un meilleur contrôle du virus. Il existe par contre certaines zones de forte endémie essentiellement en Amérique du Sud, en Afrique Centrale et en Europe de l’Est, en Roumanie par exemple. Dans ces pays, plus de 60% de porteurs du virus B sont infectés par le virus D.
Il existe trois génotypes.
Le génotype I , le plus répandu, entraîne une infection de sévérité variable ;
Le génotype II décrit essentiellement au Japon et à Taiwan  est un virus habituellement de plus faible virulence.
Le génotype III découvert essentiellement dans le Nord de l’Amérique du Sud  s’accompagne le plus souvent d’infection sévère.
Les modes de transmission sont ceux du virus B. Les deux grandes voies sont la voie parentérale et sexuelle. Il existe un double mode de contamination : il peut s’agir d’une coinfection lorsque le virus D est transmis en même tant que le virus B ou d’une surinfection D chez un porteur chronique de l’Ag HBs.



Histoire naturelle


La contamination par le VHD peur se faire dans le cadre d'une co-infection (infection simultanée par le VHB et le VHD) ou d'une surinfection (infection par le VHD chez un porteur du VHB)
- Les coinfections B – D évoluent dans 2 à 20% des cas vers une hépatite fulminante. Dans plus de 80%, elles évoluent vers la guérison et dans 2 à 5% vers une infection chronique.
- Les surinfections D chez des porteurs chroniques d’antigènes HBs évoluent elles aussi vers une hépatite fulminante dans 2 à 20% des cas. Par contre, le taux de guérison est beaucoup faible : 20% et elles évoluent vers une infection chronique dans 70 à 80% des cas.
Les hépatites chroniques B et D sont en général sévères,  rapidement progressives.



Diagnostic


On peut détecter les anticorps anti-VHD dans le sérum, il peut s’agir
- des immunoglobulines G (IgG)  qui traduisent d’un contact avec le virus : infection en cours ou guérie.
- des immunoglobulines M présentes dans les infections aiguës ou chroniques et qui disparaissent après guérison.

Le génome du VHD peut être détecté dans le sérum par  PCR.

La détection de l’antigène HD dans le foie est une méthode de référence pour le diagnostic,  mais nécessite une PBH.
 
Bien entendu, le diagnostic ne sera évoqué qu’après s’être assuré que le patient était bien porteur du virus B et donc après avoir recherché l’antigène HBs et les anticorps anti-HBc.



Traitement


Le traitement est très peu efficace. L’INTERFERON représente la seule option thérapeutique, il doit être utilisé à forte dose sur une longue durée. Malheureusement, ces effets sont plus transitoires et les rechutes sont fréquentes. Il restera donc à étudier d’autres molécules pour arriver à maîtriser cette infection.
Il reste, dans le cadre du traitement préventif, la vaccination contre l’hépatite B.



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