ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°7, octobre 2001 > La vie quotidienne de la personne infectée par le virus C, d’après l’exposé Pr P. Couzigou, hôpital du Haut-Lévèque, Pessac


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Informations sur le traitement spécifique de l'hépatite C

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Objectif


L’objectif du traitement est certes, idéalement,  d’éradiquer le virus,  mais aussi, chez les personnes ayant une fibrose sévère, d’éviter le développement ou l’aggravation de la fibrose .
Avec les traitements actuels, les chances de guérison sont d’environ 80% pour les génotypes 2-3, et un peu moins de 50% s’il s’agit d’un génotype 1. Dans les données très récentes concernant l’interféron pégylé, on s’aperçoit  que les patients infectés par le  génotype 1 avec faible charge virale ont plus de 70% de chance de guérison contre 30% pour le génotype 1 avec forte charge virale. Les résultats pour le génotype 1 avec faible charge virale ne sont plus très éloignés de ceux obtenus avec les génotypes 2 ou 3. Si, six mois après l’arrêt du traitement, l’ARN viral n’est pas détectable, les chances de guérison définitive  sont de 98% .



Traiter dans de bonnes conditions


Pour débuter le traitement dans les meilleures conditions de tolérance et d’efficacité, il faut apporter au patient informations, conseils, et soutien psychologique éventuel. Les associations de patients peuvent apporter une aide importante dans ce domaine. On doit penser à lui conseiller d’organiser son activité professionnelle, en particulier en début de traitement. Un antidépresseur prescrit préventivement pourrait améliorer la tolérance à  l’Interféron ; en effet une étude randomisée en double aveugle chez des personnes traitées par interféron pour un mélanome malin , à la dose de 20MU/jour, montre que l’administration préventive d’un traitement antidépresseur diminue la fréquence des syndromes dépressifs sévères en cours de traitement. Enfin, il est souhaitable, avant le début du traitement, d’obtenir l’interruption d’une éventuelle consommation à risque d’alcool, de réduire l’excès pondéral s’il existe, de mettre en place un traitement de substitution chez les toxicomanes, et de traiter une éventuelle surcharge en fer, bien que ce sujet reste discuté.



Effets indésirables


Le patient doit bien entendu être averti des effets indésirables possibles du traitement.  
 

 Interféron



Pour l’interféron, il s’agit essentiellement de : asthénie, fièvre, courbatures, alopécie, anxiété, irritabilité, DEPRESSION (risque de suicide), troubles de la concentration, de la mémoire, labilité émotionnelle , dysthyroïdies, leucopénie, thrombopénie.

 Ribavirine



La ribavirine, utilisée à la posologie de 1000 mg/j si le poids est s < 75 kg, 1200 mgJ au dessus de 75 kg (ou 800 mg si < 65 kg, 1000 mg entre 65 et 85 kg, 1200 si > 85 kg) justifie des précautions supplémentaires :
• Pas de conception d’enfant pendant le traitement et les 4 mois suivants chez la femme, les 7 mois suivants chez l’homme
• Risque d’anémie hémolytique justifiants une surveillance régulière du taux d ‘hémoglobine qui ne doit pas chuter de plus de 2g
• Adaptation de la dose en en fonction de la clairance de la créatinine en raison du risque d’accumulation en cas d’ insuffisance rénale
• Utilisation est contre-indiquée en cas de maladie hémolytique et chez les patients hémodialysés. Les antécédents cardiovasculaires, en particulier coronariens représentent une contre indication non absolue à son utilisation.
• Un des effets indésirables les plus fréquents observés avec la ribavirine est une sécheresse cutanéo-muqueuse.

 Bithérapie: interféron standard et pégylé



Une étude récente (Manns, Hepatology 2000.A 297), montre que les effets secondaires observés chez les patients traités par interféron a2b pégylé (1,5µg/kg/semaine) et ribavirine (PEG-I + R) sont plus fréquents que dans le groupe traité par interféron traditionnel + ribavirine (I +R)
- fièvre : 46 % (groupe I + R : 33 %)
- nausées : 43 % (groupe I + R : 33 %)
- réactions au site d ’injection : 58 % (groupe I + R : 36 %)
- Diminution de dose :
PEG-I + R : 49 % (21 % pour neutropénie)
I + R: 33 % (8 % pour neutropénie)
– Arrêt du traitement :
PEG.I + R : 14%
I + R : 12 %
 
De même, la qualité de vie des patients traités par l’interféron pégylé a2b + ribavirine  a été comparée (Questionnaire SF 36) à celle observée sous traitement par interféron traditionnel +ribavirine(Feagan,  Hepatology 2000.32.307 A) chez 1219 malades traités par IFN 3.106 3 fois/semaine , ou PEG 0,5 , 1 ou 1,5 µg/kg/semaine
La qualité de vie, en comparaison avec l’interféron standard était :
–           Supérieure pour le PEG-I 0,5 µg/kg/s
–           Équivalente pour le PEG-I 1 µg/kg/s
–           Inférieure pour le PEG-I 1,5 µg/kg/s
L’importance des effets secondaires du traitement de l’hépatite C doit être dédramatisée. En effet, même s’ils sont fréquents,  ces effets ne sont PAS OBLIGATOIRES.  mais de façon approximative, on peut considérer que sur 10 malades, il y un arrêt de traitement par intolérance sévère, 4 traitements médiocrement tolérés,  et 5/10 bien supportés.
L’effet du traitement (IFN a2b – Ribavirine) sur la qualité de vie (questionnaire SF 36)et l’activité professionnelle a été étudiée récemment (Mc Hutchinson, J.Hepatol 2001.34.140-7). La qualité de vie et les modifications de l’activité professionnelle ont été estimés chez 912 patients atteints d’hépatite C chronique traités par bithérapie ou monothérapie.  La qualité de vie était altérée pendant toute la durée du traitement, sans différence entre le premier et le deuxième semestre, et revenait progressivement à son niveau initial après arrêt du traitement. La diminution de l’activité professionnelle du fait de l’hépatite ou de son traitement était nettement plus fréquente en cas de non réponse que chez les patients obtenant une réponse complète soutenue.



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D'après Mc Hutchinson, J Hepatol, 2001

Modification du temps de travail et de la productivité selon la réponse virologique à la fin du suivi (R = répondeur, NR = non répondeur). La colonne noire indique le pourcentage de patients signalant une amélioration à la fin du suivi par rapport à l’évaluation initiale. La colonne hachurée indique le pourcentage de réponses signalant une aggravation



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