L’hémochromatose génétique répond aux critères d’une maladie justifiant un dépistage
· fréquente
· longtemps asymptomatique
· formes graves
· test de dépistage fiable, de réalisation simple
· interêt d’un traitement précoce, efficace avant les complications
· traitement peu coûteux de réalisation simple, avec peu d’effets indésirables.
En termes d’économie de santé, il convient donc d’étudier la meilleure stratégie: dépistage généralisé ou dépistage ciblé
La meilleure stratégie pour un dépistage généralisé serait de le pratiquer chez les nouveau-nés. En effet, la contact quasi systématique du nouveau né avec le système de soin permettrait une exhaustivité quasi parfaite. En outre, le test est réalisable sur les cartes utilisées pour le test de Guthrie, ce qui rend sa pratique très simple. De plus, la découverte d’une hémochromatose génétique chez un nouveau né permettrait, par le biais de l’enquête familiale de tester, bien sur les frères et soeurs, mais aussi les parents et les grands parents à un âge où le risque de complication d’une éventuelle hémochromatose est faible.Cependant, actuellement, le dépistage à la naissance n’est pas recommandé. Le problème essentiel est l’absence de bénéfice direct immédiat, puisque le traitement , si nécessaire, n’intervient qu’à l’âge adulte. Le suivi des enfants dépistés pose des problèmes sociaux et psychologiques , la mise en évidence d’un caractère génétique étant souvent ressentie comme une anormalité.
Un dépistage généralisé chez adulte est difficile, et obligatoirement non exhaustif puisqu’il repose sur le volontariat. On sait qu’il n’y a pas de cirrhose avant 35 - 40 ans mais on a parfois des formes graves avec des complications précoces chez des sujets jeunes. Si ce dépistage ne se fait qu’à 35 - 40 ans, on risque de dépister certains sujets trop tard. Ce dépistage ne recherche que le gène HFE et on peut passer à côté d’autres surcharges non liées à l’ HFE.
L’attitude actuelle recommandée par l’ANAES et la conférence de consensus européen est, que ce soit pour un dépistage systématique ou en présence des signes évocateurs de surcharge, de doser en première intention le coefficient de saturation de la transferrine. Si celui est supérieur à 45%, on demande alors le test génétique.
Il est parfois difficile de réaliser l’enquête familiale , l’information de la famille ne pouvant se faire qu’à partir du probant puisqu’il s’agit d’une maladie génétique.
Actuellement , le dépistage doit s’adresser aux apparentés du premier degré du probant chez les parents, les enfants et les frères et soeurs.
Le problème se pose pour les enfants d’un sujet homozygote, si les parents sont inquiets, on peut éventuellement tester le conjoint, si celui-ci est normal, il n’y a pas de test de surveillance à proposer aux enfants puisque tout au plus, ils seront hétérozygotes pour la mutation C282Y et ne développeront théoriquement pas de surcharge.
En pratique, il faut rechercher les deux mutations. En effet, des surcharges en fer authentiques existent chez certains sujets hétérozygotes composites.
Comme pour tout test génétique, le consentement écrit du patient est indispensable.
La conférence de consensus a conseillé de dépister les enfants à partir de 18 ans. Il reste toujours le problème du remboursement, puisque ce test ne figure pas encore dans la nomenclature des actes biologiques.