· Quand le patient est homozygote et si le conjoint est normal, on peut rassurer la famille : Les enfants seront au plus hétérozygotes. Mais il faudrait laisser une « mémoire du fer » dans la famille pour les générations ultérieures. Ces hétérozygotes peuvent en effet avoir des enfants homozygotes si l’autre parent est lui aussi hétérozygote. Les patients posent souvent la question non seulement pour leurs enfants mais aussi pour la descendance plus lointaine.
· La nomenclature des actes biologiques n’autorise que deux tests pour explorer le fer dans l’organisme. Il n’est donc pas toujours possible d’obtenir sur le même prélèvement la saturation de la transferrine (qui nécessite le dosage du fer et de la transferrine) et la ferritinémie
· Le dépistage de masse de l’hémochromatose n’est toujours pas déclaré utile bien que tout le monde s’accorde à dire qu’il l’est probablement. Il n’y a pas actuellement de stratégie bien définie. L’ANAES recommande la pratique du test génétique sur des données phénotypiques (saturation de la tranferrine supérieure à 45%). Une étude récente a montré qu’avec cette stratégie on va manquer probablement un homozygote sur 2. Par contre, si on détermine de façon systématique le génotype , on a une certaine probabilité, qui est inconnue, de mettre en évidence des sujets homozygotes non atteints de la maladie. Des études sont nécessaires pour déterminer la meilleure stratégie.
· A qui faut-il proposer la biopsie hépatique dans le cadre d’un syndrome d’hépatosidérose dysmétabolique? A priori, la biopsie doit être proposée en fonction de l’existence de facteurs prédictifs de fibrose: Indice de masse corporelle, âge, Alat, rapport Asat/Alat, triglycérides. La validation d’un score clinico-biologique prédictif de fibrose est en attente.
· Dans les articles concernant l’hémochromatose, le terme d’hémochromatose ne veut pas toujours dire la même chose. Pour l’équipe de Rennes, hémochromatose est synonyme d’hémochromatose génétique, et les indications et consignes données par cette équipe ne concernent que l’hémochromatose génétique. Par exemple, le coefficient de saturation à 45%, est valable dans le diagnostic de l’hémochromatose génétique, mais ne l’est pas pour l’hépatosidérose dysmétabolique où on a a souvent un coefficient normal. Par contre, la définition donnée récemment par le Consensus Européen désigne sous le terme d’hémochromatose toutes les surcharges en fer susceptibles d’être associées à des lésions viscérales. La définition ne repose donc pas sur une étiologie, mais sur le degré de surcharge, qu’elle qu’en soit la cause. Il faut donc dans les articles tenir compte de la définition utilisée.
· Le test génétique n’est pas à la nomenclature et n’est donc pas remboursé. Selon les laboratoires et selon que l’on demande l’une ou les deux mutations, il est facturé entre 200 et 400 francs.