Communiqué de presse - 14 février 2005
Estimation de la prévalence des infections à VHB et à VHC en France en 2003-2004 : les personnes les plus touchées sont celles en situation sociale précaire
Une étude*, dont l'objectif principal est de fournir de nouvelles estimations du taux de prévalence des infections dues aux virus des hépatites B et C et en particulier dans la population en situation précaire, a été réalisée auprès de plus de 14 000 personnes âgées de 18 à 80 ans affiliées au régime général de l'assurance maladie, par l'Institut de veille sanitaire (InVS), en partenariat avec l'Assurance Maladie, notamment les Centres d'Examens de Santé et le Centre technique d'appui et de formation des centres d'examens de santé (Cetaf).
Les résultats, préliminaires, permettent de disposer pour la première fois en France métropolitaine, d'une estimation du taux de prévalence du portage de l'antigène HBs dont la présence signe une infection chronique par le virus de l'hépatite B, susceptible d'être transmise et d'évoluer vers la cirrhose et l'hépatocarcinome. Ce taux, estimé à 0,68% chez les assurés âgés de 18 à 80 ans, est plus élevé que ce qui était proposé jusqu'à maintenant (0,2% à 0,4%). Sous l'hypothèse que les taux de prévalence soient identiques chez les assurés sociaux de France métropolitaine couverts par le régime général et chez ceux couverts par les autres régimes, on estime que le nombre de porteurs chroniques de l'antigène HBs serait de l'ordre de 300 000 chez les personnes âgées de 18 à 80 ans.
Le portage de l'antigène HBs est plus élevé chez les hommes (1,19% contre 0,16% pour les femmes) et en particulier chez ceux âgés de 18 à 29 ans et de 50 à 59 ans. On observe également une forte influence de la précarité sociale : le taux estimé de prévalence est en effet 3 fois plus élevé chez les bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle complémentaire (CMUc) que chez les non bénéficiaires.
Pour l'hépatite C, le taux de prévalence des anticorps anti-VHC a été estimé à 0,9% et est globalement du même ordre que celui observé lors de l'enquête de 1994 (1,05%). La prévalence apparaît plus élevée chez les femmes, particulièrement pour deux tranches d'âge (40-49 ans et 60-69 ans). Chez les personnes âgées de 18 à 29 ans, et quel que soit leur sexe, ce taux est inférieur à celui estimé en 1994 pour la même tranche d'âge. Ce résultat pourrait être en faveur d'une diminution de l'incidence** de l'infection par le VHC chez les jeunes depuis une dizaine d'années. Comme pour le VHB, l'influence de la précarité sociale est importante : le taux de prévalence du VHC étant 3,5 fois plus élevé chez les bénéficiaires de la CMUc que chez les non bénéficiaires.
Cette enquête a aussi permis d'estimer la proportion de personnes séropositives pour le VHC ou le virus de l'hépatite B qui connaissaient leur statut. Ainsi pour le VHC, cette proportion a plus que doublé en 10 ans (24% à 56%) mais reste en deçà de ce que prévoyait (75%) le programme de lutte contre le VHC,1999-2002. Pour le virus de l'hépatite B, 49% des personnes porteuses de l'antigène HBs connaissaient leur statut.
Les résultats de cette étude devront être pris en compte pour l'évaluation et l'adaptation du programme national de lutte contre les hépatites B et C, particulièrement pour les aspects de dépistage, de prise en charge. S'agissant de l'hépatite B, les résultats sont en faveur de la stratégie actuelle de vaccination en France.
* Estimation des taux de prévalence des anticorps anti-VHC et des marqueurs du virus de l'hépatite B chez les assurés sociaux du régime général de France métropolitaine, 2003-2004. Analyse descriptive, janvier 2005.
** L'incidence mesure le nombre de nouveaux cas dans une population, la prévalence mesure le nombre de cas total (anciens et nouveaux) dans cette même population.