ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°14, mars 2005 > Effets indésirables cutanés des traitements de l'hépatite C. Dr A Thévenin, St Quentin


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Affections cutanées et VHC

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Introduction | Affections cutanées et VHC | Manifestations cutanées liées au traitement | Conclusions pratiques


d’après Abecassis S, Cribier B, Chosidow O. Hépatite C, Pawlotsky JM,  Dhumeaux D, EDK, Paris, 2004


Vascularites cutanées


 Cryoglobulinémie



Les cryoglobulines sont des protéines anormales qui précipitent à des températures inférieures à 37°. Le type II (association d’une immoglobuline monoclonale et d’une composante polyclonale), et III (polyclonal) sont souvent associés à l’infection par le VHC.
Leurs manifestations cutanées principales sont:
-purpura infiltré pouvant laisser une hyperpigmentation post-inflammatoire
-livedo
-ulcération des membres inférieurs
Il peut exister des signes articulaires, et, dans les formes sévères, une atteinte rénale, cérébrale ou nerveuse.
L’IFN a entraîne une amélioration clinique dans 50% des cas, liée à la négativation de l’ARN du VHC. La rechute est habituelle à l’arrêt du traitement

 Périartérite noueuse (PAN)



L’association entre la PAN et l’infection par le VHC a été suggérée, mais n’est pas affirmée.



Porphyrie cutanée tardive (PCT)


La PCT acquise (type I par opposition au type II, génétique), survient sur un terrain prédisposé sous l’influence de facteurs favorisants : alcool, oestrogènes, mutations sur le gène de l’hémochromatose, infection par le VHC. Ses manifestations sont 
- Fragilité cutanée : bulles, érosions après traumatismes minimes (dos des mains).
- Photosensibilité acquise : éruption vésiculo-bulleuse sur les zones découvertes laissant des cicatrices en grain de millium.
- Hyperpigmentation, hypertrichose, prurit
Le diagnostic repose sur le dosage des porphyrines dans les urines et les selles.



Prurit


Il est fréquent au cours de l’infection par le VHC, mais rarement révélateur. Il est surtout lié à la cholestase, ou à des effets indésirables du traitement. Chez les sujets avec prurit chronique, la prévalence du VHC n’est pas supérieure à celle de la  population générale.



Lichen plan (LP)


Le LP est une dermatose chronique récidivante qui se manifeste par une éruption de papules violines, plates, polygonales, souvent très prurigineuses, parfois associée à une atteinte muqueuse (aspect réticulé blanchâtre au  niveau buccal, possibilité de formes érosives). Le lien entre LP et infection par le VHC n’a pas été formellement démontré. Le dépistage du VHC semble  cependant raisonnable chez un malade atteint de LP.
La corticothérapie générale utilisée dans le traitement des LP cutanés résistant au traitement local est contre-indiquée en cas d’infection par le VHC. L’IFN peut améliorer les lésions, mais les aggrave parfois.



Manifestations muqueuses


- Un syndrome sec salivaire, différent du syndrome de Sjögren par l’absence de sécheresse oculaire et d’anticorps anti Ro/SSA ou La/SSB existe chez 0 à 19% des patients infectés par le VHC selon les séries.
- Gingivite, conjonctivite.



Autres


Le syndrome des doigts rouges est décrit chez les patients co-infectés par le VIH et le VHC.
L’érythème nécrolytique acral (ENA), éruption bulleuse des extrémités, peut être associé à l’infection par le VHC . Il semble amélioré par l’IFN associé au zinc.
La porokératose superficielle disséminée peut correspondre à un syndrome para-néoplasique évocateur de carcinome hépatocellulaire.
D’autres associations ont été suggérées, mais non démontrées : granulome annulaire généralisé, psoriasis, érythème noueux, érythème polymorphe, épidermolyse bulleuse acquise, urticaire chronique.



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