Introduction | Affections cutanées et VHC | Manifestations cutanées liées au traitement | Conclusions pratiques
Exacerbation de dermatoses |
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Il débute habituellement au site d’injection, pour s’étendre aux localisations habituelles. Les facteurs favorisants sont le sexe masculin, les doses d’IFN supérieures à 3 MU 3 fois par semaine, d’où une plus grande fréquence dans les traitements par IFN d’affections malignes. Le délai d’apparition est court (2 semaines) en cas d’antécédent de psoriasis contre 5 mois en moyenne chez des patients antérieurement indemnes. Diverses formes sont décrites, psoriasis vulgaire, pustuleux, érythrodermique, rhumatismal. Le traitement fait appel aux dermocorticoïdes, au calcipotriol, moins souvent à l’acitrétine (Soriatane®), hépato-toxique. L’arrêt de l’IFN entraîne la rémission plus ou moins complète et la rechute est constante à la réintroduction. Le mécanisme reste hypothétique : induction d’une hyperprolifération kératinocytaire par sécrétion d’IL-1, activation des lymphocytes T helper par expression des antigènes d’histo-compatibilité ? Paradoxalement un psoriasis sévère peut s’améliorer sous IFN. Autres dermatoses pouvant être exacerbées ou révélées par l’IFN
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Vitiligo Dermatite atopique Lichen plan cutané et muqueux Granulome annulaire Pelade Maladies bulleuses auto-immunes Connectivites, sclérodermie… Lucites |
|  | Des réactions locales érythémateuse ou eczématiforme transitoires aux points d’injection sont fréquentes et sans gravité habituelle. D’autres lésions sont plus sévères
Rares mais classiques depuis le cas princeps décrit en 1989, les nécroses s’observent après IFN alpha ou beta. En un jour ou deux après l’injection, la lésion est sensible et débute par une macule ou un nodule érythémateux ou orangé qui se nécrose et s’étend en quelques jours pour donner une ulcération de quelques mm à dix cm, couvert d’une escarre noire sèche dont l’ablation laisse une ulcération atone; la bordure est inflammatoire, infiltrée à la palpation, mal limitée. Elle guérit en quelques mois, la cicatrice est atrophique pigmentée. L’histologie est différente en bordure et au centre : au bord on trouve un infiltrat lymphocytaire, histiocytaire et neutrophile du derme superficiel et profond alors que des thromboses des veinules du derme profond et de l’hypoderme sont notées au centre. La recherche d’une thrombophilie doit être effectuée En cas d’échec du traitement local l’excision chirurgicale, voire la greffe cutanée, est parfois nécessaire.
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|  | Un placard cutané des cuisses et des lésions histologiques granulomateuses du derme papillaire évoquent ce diagnostic, associé ou non à une sarcoïdose pulmonaire. La faible incidence (1 cas sur 200 patients d’une cohorte rouennaise), la rémission sous corticothérapie générale ou locale, justifient la biopsie cutanée précoce pour affirmer le diagnostic. Les mécanismes sont discutés. Les lésions granulomateuses non caséeuses impliquent au site de l’inflammation des populations lymphocytaires CD4. L’IFN agit en activant ces lymphocytes en particulier au niveau de la régulation de la balance cytokinique Th1/Th2. Un excès de réponse Th1 est un élément central dans la pathogénie des lésions sarcoïdosiques. Une étude suggère que la RBV pourrait inhiber en partie la réponse Th2 en préservant la réponse Th1, favorisant l’émergence d’une sarcoïdose, mais aucune induction par la RBV seule n’a été rapportée. La sarcoïdose cutanée et/ou systémique est une complication rare de l’IFN ; des cas de panniculite macrophagique et de dermite interstitielle granulomateuse ont été exceptionnellement décrits. |
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L’eczéma au site d’injection est favorisé par la sécheresse, l’atopie, la rivabirine. L’eczéma survient en 3 semaines à 6 mois ; il disparaît à l’arrêt du traitement, et peut nécessiter son interruption (5 % à 50% selon les séries) ; il répond aux dermocorticoïdes. Il peut s’agir d’une allergie de contact à l’IFN lui-même ou aux antiseptiques utilisés. Lésions eczématiformes non allergiques
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Des lésions eczématiformes (éruptions erythémateuses, papulo-vésiculeuses , parfois prurigineuses), peuvent survenir précocement, 4 à 14 jours après l’injection, Elles s’estompent habituellement en 2 semaines malgré la poursuite du traitement suggérant un mécanisme immunologique non allergique (dépôt cutané de complexes immuns). Ces éruptions ressemblent aux toxidermies eczématiformes après injections d’immuno-globulines. Sécheresse cutanée et prurit
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L’infection VHC favorise l’apparition d’un prurit. L’origine n’est pas élucidée: acides biliaires en excès dans le sang et la peau, rôle direct du virus, dépôt de complexe immuns circulants. Le prurit est sine materia ou associé à des lésions cutanées non spécifiques à type de prurigo, rarement rapporté à une dermatose spécifique, lichen plan ou urticaire. La RBV a un rôle discutable, mais semble pouvoir être à l’origine de prurit, d’éruptions urticariennes justifiant rarement l’arrêt du traitement
L’IFN peut être à l’origine de plaques de dépilation apparaissant après 3 à 7 mois de traitement, régressives en moins d’un an après la fin du traitement. Une production locale de cytokine pro-inflammatoire induite par l’IFN est évoquée pour les expliquer. Un efflevium tellogène, une alopécie inflammatoire préexistante peuvent s’aggraver sous IFN alpha.
La fréquence de l’hyperpigmentation sous IFN-RBV est probablement sous-estimée. Les autres étiologies doivent être discutées (hémochromatose, maladie d’Addison, carence vitaminique B12, sclérodermie, mélanome métastatique, médicaments tels contraceptifs oraux, cyclophosphamide, néomycine, sels d’or, pigmentation post-inflammatoire. |
Maladies générales à expression cutanée |
|  | Des cas isolés ont été décrits. La relation avec le traitement de l’hépatite C est incertaine : -Dermatite herpétiforme au 11ème mois d’une bithérapie IFN-RBV persistant après l’arrêt du traitement. Diagnostic ultérieur d’une atrophie villositaire sans malabsorption, amélioration sous dapsone et régime sans gluten. -Dermatomyosite et IFN alpha, débutant par une éruption cutanée photo-distribuée, évoquée devant une faiblesse musculaire en ceinture, une élévation des enzymes musculaires confirmée par la biopsie musculaire. -Sclérodermie généralisée et IFN en bithérapie -Acrosyndrome , phénomène de Raynaud. -Porphyrie cutanée tardive et IFN -Toxidermie sous IFN PEG en bithérapie -photo-allergie et RBV -érythème maculo papulaire à la RBV -exanthème sévère et hypersensibilité retardée au PEG IFN alpha2a et alpha2b -microangiopathie thrombotique cutanée et IFN
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