Les effets ophtalmologiques font classiquement partie de la liste des effets indésirables de l’interféron (IFN), depuis leur description par Guyer en 1993.Considérés comme bénins et réversibles dans la plupart des cas, ils sont parfois graves et irréversibles. En pratique, il arrive souvent que des patients en cours de traitement signalent des troubles visuels. Aucune conduite à tenir n’étant clairement définie dans ce cas, il est difficile de savoir quelle attitude adopter.
Les données de la littérature sont d’analyse difficile. De nombreux cas isolés d’anomalies oculaires ont été décrits, diagnostiqués dans des circonstances très diverses ; l’imputabilité du traitement est souvent douteuse en l’absence habituelle de bilan ophtalmologique avant traitement et de renseignement sur les pathologies associées. Quelques études rétrospectives sur de grands effectifs de patients inclus dans des essais thérapeutiques ont été publiées, mais elles souffrent d’un doute sur la fiabilité du recueil de données, l’étude de ces effets indésirables n’étant pas incluse dans l’objectif initial. Quelques études prospectives sont à interpréter avec réserve du fait de la faible taille des effectifs et de groupes témoins discutables. En outre, les lésions décrites peuvent être dues à de multiples causes, dont l’infection par le VHC elle-même. Il est donc difficile de savoir si un trouble visuel constaté en cours de traitement d’une hépatite C est du au traitement, s’il est potentiellement grave, et s’il justifie l’arrêt du traitement.