ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°14, mars 2005 > Le médecin généraliste face à un patient récemment dépisté positif pour le VHC ou le VHB. Que dire? Que faire? Dr I Dadamessi, CH Péronne


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Introduction | Dépistage | Interprétation des résultats | Infections virales chroniques | Les possibilités de traitement | Conclusions

Le médecin généraliste peut jouer un rôle important dans la phase initiale de prise en charge des hépatites virales chroniques : dépistage, prévention, initiation de la décision thérapeutique
 
Le dépistage est de réalisation facile, pris en charge à 100%. Il faut penser à le demander si existent des antécédents de risque d’exposition à la transmission, une asthénie chronique inexpliquée, une cytolyse chronique. Il doit également être proposé à l’entourage familial des patients infectés
 
La prévention de la transmission repose sur des mesures simples :
Eviter le contact de tout objet souillé par le sang d’une personne infectée (aiguille, seringue, paille, rasoir, brosse à dents…) avec celui d’une personne indemne.
Pour le VHB, la méthode la plus sûre de protection de l’entourage est la vaccination.
 
La prise en charge initiale comporte une part essentielle d’information du patient et de son entourage. Il faut
      - dédramatiser, la gravité, même à long terme étant loin d’être systématique
      - Initier et expliquer la discussion bénéfice/risque de la décision thérapeutique qui repose sur
 
- L’estimation de l’activité de l’hépatite par la surveillance des transaminases
- L’évaluation de la fibrose
- La probabilité d’efficacité, liée au génotype viral pour le VHC
- Les risques et inconvénients qui devront être soigneusement évalués et expliqués au patient.
 
L’explication du déroulement de la démarche est d’un grand secours au patient pour lui permettre de prendre en charge activement sa maladie et de vivre mieux la période d’attente indispensable au recueil des éléments de décision, dans laquelle toute précipitation doit être évitée.
Le traitement, s’il est nécessaire, sera initié par le spécialiste, le généraliste pouvant, s’il le souhaite, collaborer avec le spécialiste pour le renouvellement et la surveillance.

En pratique
 

 La question posée est celle de l’intérêt du traitement. La décision repose sur une discussion bénéfice/ risque en 3 points : 
Risque évolutif de la maladie :
o Il est lié à l’existence d’une hépatite active avec élévation des transaminases. Le traitement n’était pas, encore récemment, indiqué en cas de transaminases normales stables.
o L’indication de traitement n’est pas systématique en cas d’élévation des transaminases et repose le plus souvent sur le stade de fibrose qui devra être estimé (biopsie ou autre méthode)
o L' indication de traitement n’est pas synonyme de gravité actuelle.
Probabilité d’efficacité :  :
pour le VHC, elle dépend du génotype viral (Génotype 1 : 50%, génotypes 2 et 3 : 80%
Inconvénients du traitement :  :
Une étude soigneuse des antécédents est nécessaire pour dépister les éventuelles prédispositions à des effets indésirables graves.
Les effets bénins sont divers, fréquents, imprévisibles, variables d’un sujet à l’autre. Le patient et son entourage doivent en être informés. Ils pourront être améliorés par une bonne hygiène de vie et des traitements symptomatiques.
Ce que peut faire le médecin généraliste :
o Surveiller les transaminases pendant quelques mois. Ce délai d’attente ne comporte aucun risque compte tenu de la lenteur d’évolution de la maladie.
o Conseiller les mesures associées : suppression de l’alcool, lutte contre le surpoids, vaccinations
o Etudier soigneusement les antécédents à la recherche de prédisposition à des effets indésirables graves
o Informer le patient et son entourage sur la démarche

 


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