ESPACE PROFESSIONNEL > Bulletins d'information > n°15, novembre 2005 > Hépato alcoologue, un nouveau métier ? Dr JP Latrive. CH Compiègne


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Le sevrage

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Epidémiologie | Terminologie | Métabolisme | Mésusage de l’alcool : diagnostic | Le sevrage | Conclusion


Les indications et conditions du sevrage ont été définies par les conférences de consensus de 1999 et de 2001.


Indications


Le sevrage est indiqué chez tout patient dépendant. Il est utile de le réaliser également avant toute intervention chirurgicale programmée. Il peut être réalisé en ambulatoire sauf en cas de contre-indication :
-Dépendance physique sévère
-Antécédent de delirium tremens ou crises comitiales
-Précarité socio environnementale
-Pathologie psychiatrique
-Cirrhose



Le syndrome de sevrage


 Il se manifeste par des symptômes physiques dans les 10 jours qui suivent l’interruption de la consommation d’alcool. Il signe la dépendance, mais n’est pas indispensable au diagnostic de dépendance. Il survient chez environ 50% des personnes dépendantes, et peut être grave (delirium tremens) dans 4% des cas. Il peut également s’accompagner de crises convulsives (6 à 10% des cas). Son incidence et sa sévérité sont réduites par les benzodiazépines. L’utilisation des benzodiazépines à demi vie longue (diazepam, oxazepam) ne doit pas excéder 7 jours. Le traitement doit être systématiquement complété par un apport de vitamine B. L’hyperhydratation, classiquement recommandée, doit être évitée.



Accompagnement après sevrage


Le maintien du sevrage peut être favorisé par différentes mesures à discuter au cas par cas.

 Acamprosate



L’acamprosate (Aotal®) peut être utilisé à la posologie de 4 (2—1-1) à 6 (2-2-2) cps par jour pendant 1 an ; son principal effet indésirable est la possibilité de diarrhée.

Pourcentage d'abstinence continue (en intention de traiter)
EvaluationPlaceboAcamprosateSignificativité
J9033,341Ns
J18018,631,80,018
J36011,319,10,096
J540914,50,26
Etude multicentrique en double aveugle de l’acamprosate dans le maintien du sevrage alcoolique. Paille et al. 1995

 Naltrexone



La naltrexone (Révia®) 1 cp par jour pendant 3 mois peut être utilisée. Elle est susceptible de provoquer des nausées.

 Disulfirame



L’utilisation du disulfirame (Espéral®) est beaucoup plus discutée.

 Benzodiazépines



Les benzodiazépines doivent être évitées. Les antidépresseurs peuvent éventuellement être utilisés à distance du sevrage (plus d’un mois)

 Sevrage tabagique



Un sevrage tabagique, si nécessaire,  doit également être proposé

 Soutien psychologique



Le soutien psychologique est essentiel. Le patient peut également tirer bénéfice de thérapies cognitives et comportementales, de contact avec des mouvements d’entraide. Dans certains cas, on pourra avoir recours à la psychanalyse,  à la participation à des groupes de parole et autres thérapies de groupe, à une thérapie conjugale et familiale. Une prise en charge multidisciplinaire dans le cadre de réseaux est souhaitable.



Facteurs pronostiques


Les facteurs pronostiques favorables au maintien du sevrage sont :
·  L’âge supérieur à 40 ans
·  La vie en couple
·  L’activité professionnelle
·  Le suivi
Malgré l’abondance apparente et la diversité des types de prise en charge (médecins généralistes, médecins du travail, spécialistes d’organe, établissements de soins, unités spécialisées, alcoologues, CCAA, équipes de liaison, mouvements d’entraide, travailleurs sociaux, famille…….), les problèmes de disponibilité, de faisabilité, et les difficultés d’adhésion des patients, rendent souvent les choses difficiles. Les rechutes sont fréquentes ; elles sont inhérentes aux conduites addictives.



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