En septembre 2003, 5 ans après l'arrêt du programme de vaccination par les médecins scolaires et la polémique concernant les effets secondaires possibles, notamment la possibilité d'induction par le vaccin contre le virus de l'hépatite B (VHB) d'affections démyélinisantes du système nerveux central, l'importance de la reprise d'un programme actif de vaccination paraissait bien établie. La réunion de consensus sur la vaccination contre le VHB, organisée conjointement par l'ANAES et l'INSERM, à la demande du ministre de la santé, venait de rendre ses conclusions, le Pr. Paul CALES, nous en avait offert la primeur, lors de la réunion du réseau Hépato-Picardie du 26/09/2003.
La conférence de consensus de septembre 2003 recommandait la vaccination généralisée des nourrissons, la poursuite d'un programme temporaire de rattrapage chez les enfants et les préadolescents. Elle rappelait l'importance de la sérovaccination obligatoire à la naissance des nouveaux-nés des mères porteuses de l'Ag HBs, de la vaccination obligatoire pour les professionnels de la santé, d'une évaluation précise, prospective, de ces mesures réglementaires et obligatoires. Elle proposait de renforcer le dépistage de l'infection virale B et de la vaccination chez les personnes exposées. Elle insistait sur la nécessité d'une stratégie d'information et de communication, destinée à la fois au grand public et aux professionnels de santé, afin de clarifier les questions concernant les rapports bénéfices/risques de la vaccination.
Depuis la mise sur le marché du vaccin jusqu'au 31 décembre 2002, le bilan des cas notifiés au réseau national des centres régionaux de pharmacovigilance, aux laboratoires et à l'association de patients REVAHB (réseau vaccin hépatite B) a recensé un total de 1110 cas d'affections démyélinisantes centrales, dont 898 cas de sclérose en plaques (SEP). Respectivement 43 %, 79 % et 94 % de ces affections sont survenues dans les 2 mois, 18 mois et 3 ans suivant la vaccination. L'examen des caractéristiques de ces observations de SEP, survenues chez des patients vaccinés contre le VHB, ne permet aucunement de les différencier des SEP classiques, en terme d'âge, sexe, forme clinique, facteurs de risque, délai d'apparition, type d'atteinte neurologique. L'examen de ces observations ne permet pas d'affirmer la responsabilité du vaccin dans leur survenue. Aucun facteur de risque particulier, notamment à type d'antécédents familiaux de SEP, n'a été identifié parmi ces cas de SEP survenus au décours d'une vaccination contre le VHB. En complément, au cours de l'année 2003, 103 cas d'affections démyélinisantes centrales et périphériques dont 94 cas de SEP ont été notifiés. La majorité de ces cas sont survenus antérieurement à 2003. Comme nous le précisait le Pr. CALES en 2003, l'analyse du rapport bénéfices/risques de la vaccination antivirale B permet d'estimer celui-ci à moins de 1/10, voire 1/100. On peut en effet estimer que la vaccination antivirale B évite, pour 100 000 personnes vaccinées, 14 hépatites fulminantes et 25 cirrhoses post-hépatitiques pour un cas induit possible, non certain, de "SEP liée au vaccin".