L'étude de HERNAN et coll. paraît méthodologiquement assez solide. Il s'agit d'une étude cas/témoins, réalisée auprès d'adultes de plus de 18 ans, britanniques, consultant auprès de médecins généralistes et faisant l'objet d'un recueil informatisé, prospectif, de leur suivi médical. Dans cette très vaste base de données médicales, informatisées, ont été identifiés des cas de sclérose en plaques (SEP) diagnostiqués entre janvier 1993 et décembre 2000, ayant au moins 3 ans d'antériorité dans leur suivi dans la base de données médicales. Sur ces dossiers, ont été identifiés la date du diagnostic et des premiers symptômes de SEP, le calendrier vaccinal dans les 3 années antérieures à ces diagnostics. Chaque cas index a été apparié à 10 patients de la base de données, pour l'âge, le sexe, le cabinet du généraliste, la date de première prise en charge médicale. L'analyse des documents a été réalisée par 2 investigateurs, indépendants, sans connaissance des antécédents de vaccination. Afin d'évaluer la sensibilité de l'analyse en fonction de la date index (date des premiers symptômes), les auteurs ont réalisé une seconde analyse, avec des témoins différents de la première, dans laquelle la date index était définie comme la date de diagnostic de la SEP. 163 cas de SEP ont ainsi été identifiés, comparés à 1 604 témoins. Cette étude montre que 11 sur 163 cas de SEP avaient été vaccinés contre le virus de l'hépatite B, dans les 3 années précédant les premiers symptômes de SEP (6,7%) alors que 39 sur 1 604 témoins appariés seulement, avaient été vaccinés contre le virus de l'hépatite B (2,4%). Cette différence apparaissait comme significative, avec un odds ratio à 3,1, et un indice de confiance à 95 % compris entre 1,5 et 6,3, soit significativement différent de 1.
Tous les cas vaccinés étaient âgés de plus de 18 ans au moment de la survenue des premiers symptômes. L'âge moyen des cas de SEP vaccinés (37 ans) était similaire à l'âge moyen chez les cas non vaccinés (36,1 ans). Dans cette étude, les patients atteints de SEP ont donc été plus fréquemment vaccinés contre l'hépatite B que les témoins, dans les 3 ans précédant la survenue des premiers symptômes de SEP. Les résultats demeurent statistiquement significatifs lorsque les sujets ayant une indication connue de la vaccination (du fait de l'exposition à un risque d'hépatite B, personnel ou professionnel, par exemple) sont exclus de l'analyse. La prise en compte dans l'analyse de l'ensemble des cas de SEP, y compris celles dont le diagnostic était considéré comme seulement possible (nombre total de cas : 188) montre également un odds ratio statistiquement significatif. Les odds ratio sont plus élevés lorsque l'on considérait les deuxième et troisième années avant la date index, que pour l'année précédant immédiatement la date index (différence cependant non significative). Par ailleurs, les résultats ne suggéraient pas l'existence d'un effet - dose. Pour les autres vaccins, il n'était pas retrouvé d'association significative entre la survenue d'une SEP et un antécédent de vaccination, dans les 3 années précédentes, contre le tétanos ou contre la grippe.