1. Les conclusions de la réunion de consensus de septembre 2003 restent valides, d'autant qu'elles avaient déjà pris en compte les résultats de l'étude de HERNAN et coll., dont les premiers résultats avaient été publiés sous forme de résumé.
2. Le rapport bénéfices/risquesde la vaccination antivirale B reste largement positif, sur le plan individuel et collectif.
3. Le rapport bénéfices/risques de la vaccination antivirale B n'est pas suffisantpour vacciner les adultes, hors risque professionnel ou personnel.
La commission d'experts de novembre 2004 reprend donc très précisément les conclusions de la réunion de consensus de septembre 2003.
Elle recommande à nouveau la vaccination, la plus large possible, des nourrissons à partir de l'âge de 2 mois, et des enfants et pré adolescents, avant l'âge de 13 ans.
La commission rappelle
— L'importance de la vaccination obligatoire des professionnels de santé, des nouveau-nés de mères porteuses d'Ag HBs.
— La notion de personnes à risque est à nouveau précisée :
- usagers de drogues, tatouages ou piercings,
- voyageurs en pays d'endémie, lorsque ce voyage dépasse quelques semaines,
- personnes en contact sexuel ou familial avec un porteur de l'Ag HBs,
- personnes infectées par le VHC ou le VIH,
- patients hémodialysés ou transfusés chroniques,
- personnes à partenaires sexuels multiples, ou maladie sexuellement transmissible récente,
- détenus,
- patients et personnels d’institutions psychiatriques et de structures accueillant des handicapés mentaux,
- enfants d'âge préscolaire accueillis en collectivité.
— Professionnels de santé : La commission insiste également sur l'importance de promouvoir et d'évaluer la vaccination chez les professionnels de santé, dont l'impact paraît souvent assez faible, notamment parmi les médecins.
— Le dépistage en cours de grossesse : Elle invite à promouvoir plus largement la circulaire de dépistage de l'Ag HBs au 6ème mois de grossesse, pourtant obligatoire.
— Lever l'ambivalence juridique : Elle invite enfin à clarifier l'ambivalence perçue par le grand public dans l'analyse juridique des situations d'événements survenant après une vaccination. En effet, la présomption d'imputabilité, autorisant une qualification d'accident du travail, est actuellement limitée aux seules vaccinations obligatoires destinées aux professionnels de santé. Dans tous les autres cas, la charge de la preuve appartient à la personne vaccinée, la jurisprudence n'a toujours pas clarifié les incertitudes sur la recevabilité des demandes de réparation : une fin de non recevoir est généralement émise par les juridictions à l'encontre des demandes de compensation, empêchant de satisfaire les demandes de réparation des personnes qui se considèrent victimes des conséquences d'une vaccination. La mise en œuvre de la politique vaccinale dans son ensemble est donc fortement entravée aujourd'hui par le débat sur la reconnaissance et l'indemnisation des effets secondaires allégués. Les associations représentant les patients ont fait, pour la plupart, une dissociation dans leurs propos, d'une part, en reconnaissant les bienfaits de la vaccination, tout en poursuivant, d'autre part, leurs demandes quant au débat juridique sur les rares effets secondaires possibles. La confusion et l'incertitude autour de ce débat ont atteint autant le grand public que nombre de professionnels de santé et sont un obstacle à la vaccination de sujets qui devraient en bénéficier.