Historique | Le risque de transmission virale existe-t-il ? | Les mesures de désinfection des endoscopes sont elles efficaces ? | Quel est finalement le risque de transmission virale lié à l’endoscopie? | En conclusion
Par l’endoscopie elle même |
|  | Quatre cas de transmission du VHC à l’occasion d’une endoscopie ont été rapportés au début des années 90 - Hépatite C survenue après cholangiographie rétrograde : La chronologie des faits est évocatrice. L’origine serait une insuffisance de la désinfection (glutaraldéhyde à 0,7%). (Tennenbaum r et al. Hépatite c après cholangiographie rétrograde. Gastroenterol Clin Biol 1993 ; 17 : 763-4) - Hépatite C après coloscopie. 2 cas d’hépatites C aigues survenues simultanément 6 mois après une coloscopie ayant eu le même jour dans le même établissement. Les deux patients étaient séronégatifs en janvier 1995 avant la coloscopie. Trois coloscopies avaient été faites le même jour. Le premier patient était connu comme porteur du VHC. L’identité des virus du patient source et des deux patients nouvellement infectés était prouvée par séquençage. Deux hypothèses étaient invoquées à l’origine de la transmission : insuffisance de désinfection et utilisation d’une seringue commune aux trois patients pour l’anesthésie. (Bronowicki JP et al. Patient to patient transmission of hepatitis C virus during colonoscopy. New Engl J Med 1997; 337: 237-40.) - Un cas de transmission d’une hépatite C survenu au cours d’une vacation d’endoscopie comportant un patient porteur du VHC a été rapporté : l’origine endoscopique ou anesthésique était discutée (Le Pogam et al. An n Intern Med 1999 ;131 :794) Etudes signalant le risque de transmission du VHC par l’endoscopie
| - Etude de patients atteints d’hépatite C :
Parmi 6664 patients atteints d’hépatite C, une exposition nosocomiale (sans précision) a été trouvée à l’interrogatoire et considérée comme mode de transmission reconnu dans 15% des cas. Le rôle de l’endoscopie est évoqué mais non quantifié par rapport aux autres sources d’infection nosocomiale (hémodialyse par exemple).(F. Roudot-Thoraval, J-M. Pawlotsky, D. Dhumeaux, et le groupe d'étude de la prévalence et de l'épidémiologie des hépatites C. Epidémiologie et morbidité du virus de l'hépatite C en France BEH n°5 (30 janvier 1996) - Séroconversions chez les donneurs de sang:
De 1994 à 1996, 87 donneurs de sang ont présenté un séroconversion VHC affirmée : test de 2ème ou 3ème génération négatif sur le don précédant datant de moins de 12 mois). Chez les 61 donneurs qui ont pu être interrogés, une exposition nosocomiale était trouvée chez 18 (29,5%), dont 13 endoscopies (12 endoscopies digestives et une arthroscopie) (21,3%). (Courouce AM, Pillonel J, Saura C : Infections récentes par le virus de l'hépatite C chez les donneurs de sang et facteurs de risque. BEH 1998 n°4) - Etude des facteurs de risque d’infection par le VHC
L’étude chez 2607 patients hospitalisée en Gastroentérologie du statut sérologique vis-à-vis du VHC et des facteurs de risque éventuels de transmission du VHC met en avant le rôle des biopsies per-endoscopiques : Chez 497 patients ayant eu antérieurement des biopsies per-endoscopiques on note 7,2% de porteurs d’anticorps anti-VHC, la séroprévalence des anti-VHC étant de 4% en l’absence d’antécédent de biopsie per-endoscopique (p=0.01). (Andrieu et al. Prévalence et facteurs de risque de l’infection par le virus de l’hépatite C dans une population hospitalisée en Gastroentérologie. Gastroenterol Clin Biol 1995 ;19 :340-5)
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Ces études sont d’interprétation difficile, reposant sur des données d’interrogatoire dont la fiabilité peut être discutée. Elles peuvent en outre méconnaitre des facteurs de risque mineurs. Enfin, elles ne sont pas extrapolables à la situation actuelle puisque les endoscopies incriminées, pour la plupart anciennes n’étaient pas précédées de procédures de désinfection standardisées, et sans matériel à usage unique. Elles ont eu néanmoins le mérite de sensibiliser les gastroentérologues au risque de transmission virale et sont à l’origine de mesures préventives Etudes écartant l’endoscopie comme facteur de risque
| - Dépistage d’une infection par le VHC en cas d’antécédent d’endoscopie
o Dans une première étude, un dépistage des anticorps anti-VHC était proposé de décembre 96 à août 97 à tout sujet ayant eu au moins une coloscopie au cours des 5 ans précédents : 97 patients inclus, 53 avaient eu plusieurs coloscopies (extrèmes 2-7), 26 avaient eu également des endoscopies hautes , pour plus de la moitié l’endoscopie avait été accompagnée de biopsies). Aucune sérologie positive pour le VHC n’est détectée. (Karsenti D et al. Transmission par coloscopie du virus de l’hépatite c : à propos d’un groupe de 97 malades à « risque présumé ». Gastroenterol Clin Biol 1999 ; 23 :985-6) o Une étude du même type sur une série beaucoup plus importante de patients (714) ayant eu une endoscopie accompagnée d’un geste biopsique ou interventionnel a montré une prévalence des anticorps anti-VHC de 0,7% (5/714). Chez les 5 patients il existait un autre facteur de risque (4 transfusions, 1 contact familial).(Sévenet F, Gastroenterol Clin Biol 1999 ;23 :A69) - Etude cas-témoins
Cette étude a comparé un groupe de porteurs d’anticorps anti VHC à deux groupes témoins non porteurs d’anticorps anti VHC. Les facteurs classiquement considérés comme à risque de transmission du VHC ont été recherchés et comparés. Les facteurs de risque de séropositivité virale C étaient selon l'analyse univariée : nombre élevé de partenaires sexuels, infection virale C chez un proche, antécédents de transfusion, de chirurgie digestive ou urogénitale légère, d'examens invasifs, d'endoscopie digestive, de biopsie, de ponction lombaire ou pleurale, de soins après un accident, de piqûres, d'accouchements multiples ou d'interruption de grossesse. Les facteurs de risque isolés par l'analyse multivariée étaient : séropositivité virale chez un proche (Odds ratio : 4,58), antécédent de transfusion (Odds ratio : 2,32), d'intervention chirurgicale (Odd ratio : 2,50), de soins médicaux après un accident (Odds ratio : 1,51) ou de soins nécessitant des injections (Odds ratio 2,24).(Merle V et al. Facteurs de risque de contamination par le virus de l'hépatite C. Etude cas témoin en population générale. Gastroenterol Clin Biol 1999 ;23 :439-46) - Etude prospective
Cette étude a comparé le pourcentage de séroconversions VHC observé dans deux groupes de patients, initialement séronégatifs. Le premier groupe (9188 sujets) était contrôlé 6 mois après une endoscopie digestive. Le deuxième était constitué de donneurs de sang contrôlés systématiquement 6 mois après un premier dépistage négatif, et n’ayant pas eu d’endoscopie dans l’intervalle. Aucune séroconversion n’était observée dans le premier groupe dans lequel 10% des patients (912) avaient eu un endoscopie au cours de la même séance qu’un patient VHC+. Quatre séroconversions étaient observées chez les donneurs de sang .(Ciancio A, Digestive endoscopy is not a major risk factor for transmitting hepatitis C virus. Ann Intern med 2005;11:903-9)
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|  | La première description de transmission du VHC liée à l’anesthésie sort du contexte de l’infection nosocomiale puisqu’elle a pour origine un anesthésiste usager de drogue qui administrait des opiacés alternativement au patient et à lui-même, avec la même seringue, pendant l’anesthésie, et a contaminé 217 patients.(Bosch X, Lancet 1998 ;351 :1415) En dehors de ce contexte très particulier, il a été montré que l’anesthésie associée à l’endoscopie pouvait être responsable de la transmission du VHC : 4 hépatites aiguës post endoscopiques ont été décrites, survenues au cours de programmes endoscopiques dont le premier patient était porteur du VHC. Le mode de transmission a été attribué non pas à l’endoscopie, mais au partage des seringues de produit anesthésique. (Carbonne A . Transmissions nosocomiales de l’hépatite C de patient à patient liées à l’AG dans l’inter-région Nord. 2001-2002. Ann Fr Anesth Reanim 2004 ;23 :500-3). Une enquête chez 131 anesthésistes a montré que 72% d’entre eux utilisait une seringue unique par séance d’anesthésie Les recommandations de la Société Française d’Anesthésie Réanimation sont claires sur ce point : « Le matériel utilisé (seringues, tubulures, robinets à 3 voies, ampoules et flacons) est à usage unique et destiné à un seul patient ». www.sfar.org/recomhygiene.html |
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