Le risque de contamination par le VHC à l’occasion d’une endoscopie existe, ou plutôt a existé, comme en témoignent les quelques cas rapportés bien documentés. Ce risque reste cependant infime, le nombre de cas décrits étant très faible en regard du nombre d’endoscopies pratiquées, même à l’époque ou les mesures de décontamination des endoscopes n’étaient pas standardisées. Les études prospectives confirment ce point.
Une vacation d’endoscopie comporte un ensemble d’actes, et une transmission virale au cours d’une séance d’endoscopie peut être liée aux actes associés aussi bien qu’à l’endoscopie. Le risque lié à l’anesthésie a été clairement démontré.
Avec le respect des procédures recommandées pour la désinfection des endoscopes, et l’utilisation d’un matériel en totalité à usage unique pour l’anesthésie on peut penser que le risque actuel de transmission virale à l’occasion d’une endoscopie digestive est quasiment nul.
Le problème a été relancé par la publication d’un cas d’hépatite C aiguë survenu en 1996 à la suite d’une coloscopie, cet examen ayant eu lieu immédiatement après une endoscopie basse chez une patiente porteuse du VHC. L’établissement où a eu lieu l’examen a été condamner à indemniser la patiente sur le motif essentiel d’une « déviance , c'est-à-dire du franchissement d’une défense immatérielle représentée par la à la règle de bonne pratique de toujours mettre en fin de programme d’une séance d’endoscopie digestive , tout malade dont on sait qu’il est porteur du VHC. Quel que soit le niveau de sécurité atteint par les nouvelles recommandations concernant tant la procédure de désinfection des endoscopes que les pratiques anesthésiques, des défaillances restent possibles et l’observation de la règle précédemment énoncée reste d’actualité pour en annuler les conséquences » Sicot C. Une contamination coloscopique par le virus de l’hépatite C. Gastroenterol Clin Biol 2005 ;29 : 134-5
Cette publication a suscité de nombreuses réactions du fait de l’absence de texte recommandant un ordre de passage particulier des malades en fonction de leur statut virologique (Vallot T, Gastroenterol Clin Biol 2005 ; 29 :1070-1). En outre, si une malade dont on sait qu’il est porteur du VHC doit passer en fin de programme, que faire pour les patients dont le statut virologique est inconnu (Napoleon B, Gastroenterol Clin Biol 2005 ;29 :1069-70). Si on pousse jusqu’au bout la logique du raisonnement, on pourrait reprocher à un médecin de ne pas avoir dépisté un patient avant son endoscopie, ce qui aboutit à la nécessité d’un dépistage systématique avant endoscopie, ou à un passage en fin de programme des patients dont le statut n’est pas connu.
Les médecins et établissements pratiquant l’endoscopie digestive ont mis en place les dispositifs nécessaires à une désinfection du matériel conforme aux recommandations et a accepté les lourdes contraintes qui leur sont liées dans un souci de sécurité des patients, et avec la démonstration de l’efficacité des ces mesures. Il leur est difficile d’accepter une règle non validée qui semble nier l’efficacité de cette désinfection. Il faut cependant tempérer cette réaction par le fait que, dans le cas concerné, il semble que quelques insuffisances avaient été notées dans la procédure de rinçage, et que cette affaire date de 1996, époque à laquelle les mesures de désinfection n’étaient pas standardisées. Il n’en reste pas moins que le motif de condamnation mis au premier plan est l’ordre de passage des patients. Il est certain que si cette affaire faisait jurisprudence, les conséquences seraient lourdes.